Nishikori - Musetti / Rome 2020

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De retour dans l’ambiance feutrée du Foro Italico, sous le regard silencieux de ses athlètes de marbres, pour le troisième match sur le circuit ATP du local Lorenzo Musetti. Après avoir vaincu Stan Wawrinka au tour précédent, lui infligeant au passage un cinglant 6/0 (6/0 - 7/6), il voit s’avancer en face de lui un autre vétéran du circuit, le japonais Kei Nishikori, 30 ans, bientôt 600 matchs sur le circuit principal, dont une finale à l’US Open (perdue contre... Marin Cilic en 2014. Si, c’est vrai. Cette finale sans membre du Big 3 reste d’ailleurs une exception de la dernière décennie, avec celle du même tournoi cette année ayant vu Thiem soulever le trophée dans les conditions que l’on sait). Pas simple, sur le papier.

Musetti n’est pas le moins du monde impressionné, et annonce la couleur dès le début du match, avec une balle liftée et profonde, et une grande vélocité dans ses déplacements. Nishikori comprend qu’il va être compliqué de rivaliser dans la filière longue : il est rapidement dépassé, et le manque de rythme dû à la pandémie semble plus lourd dans ses jambes de trentenaire. On sent que le match précédent contre Albert Ramos a déjà laissé des traces. Son langage corporel ne trompe pas : tête baissée entre les échanges, gestes d’agacement : les sensations sont absentes. Il peine à reprendre son souffle, commet de nombreuses fautes, notamment dans la diagonale revers, et finit par perdre son service, et la manche dans la foulée. En face, l’attitude est inverse : Lorenzo affiche sa détermination en s’encourageant de « forza ! » entre chaque échange, le poing serré en direction de son clan. Il ne se déconcentre pas, reste dans sa bulle, à tel point qu’il doit plusieurs fois s’enquérir du score auprès l’arbitre, une panne d’électricité empêchant la mise sous tension du panneau d’affichage.

Dans la deuxième manche, Kei s’emploie à raccourcir les échanges. Il multiplie les services-volées, et les retours suivis au filet (14/21 à la volée). À l’expérience, il parvient à rester au corps à corps, et le match offre alors une belle opposition. En témoigne un point somptueux à 4-3, au cours duquel les deux joueurs visitent le court entre amorties et lobs, avant que l’italien ne conclue d’un revers pleine ligne en bout de course.

Nishikori s’accroche néanmoins, puis c’est la coupure de courant — au sens propre. Les lumières s’éteignent, et les joueurs regagnent leurs chaises à la lumière des smartphones. Tout concourt décidément à une ambiance post-apocalyptique relevant presque de l’absurde. Au moins les organisateurs romains nous épargnent-ils les ovations enregistrées.

Au retour, tout s’enchaîne. Lorenzo breake, puis remporte le match sur son service, secteur du jeu dans lequel il se sera montré particulièrement incisif, remportant 78 % des points derrière sa première balle.

Pour le prochain match, c’est un autre profil qui se dresse face à notre « coupeur de têtes » : l’allemand Dominik Koepfer, 26 ans, 17 matchs sur le circuit principal. Défi intéressant s’il en est : Musetti va déjà devoir assumer le statut de favori. Affaire à suivre.
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