Narcissisme épistolaire

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« Tout l’art d’écrire des lettres est dans l’emploi de ces finesses opportunes, de ces nuances par l’effet desquelles on donne aux gens l’impression que l’on parle d’eux tout en ne parlant que de soi. (Paul Reboux : le nouveau savoir d’écrire) ».

C’est ce qui ressort parfois, d'articles de presse, dont certains indéboulonnables journalistes de nos bons vieux quotidiens régionaux, sont friands.
En effet, quelques-uns sont révélateurs de la personnalité et de l’égo de leur auteur, notamment, lorsque celui-ci fait l’éloge d’une personnalité de premier plan, aux qualités reconnues et dont il accentuera le trait, afin d'œuvrer pour y associer les siennes.
Pour donner la mesure de l’étroite relation qui lie le journaliste à l’interviewé, d’entrée, il appellera celui-ci (et forcément ami), par son prénom et le tutoiera. Prénom et tutoiement, ne sont-ils pas le gage d’un lien fort, suggérant un degré d’intimité, allant bien au-delà de la simple relation ? Puis (cordial), il poursuivra : «...toi qui m’as honoré de ton amitié... ; (érudit), nos études supérieures, sur les bancs de la fac... ; (altruiste), ta générosité et tes qualités humaines dont j’ai fait miennes... ; (sentimental), ta délicieuse famille que j’ai eu le bonheur de connaître... ; (poétique), nos longues et enrichissantes conversations, devant l’âtre crépitant... ».

Il est des auteurs qui usent du dithyrambe comme on intercale un carbone, entre deux feuilles de papier pelure. Ils s’emploient ainsi, à faire l’apologie de leur sujet, pour que confusément, se confondent dans l’esprit du lecteur, comme par imprégnation, une identification culturelle et élitiste commune. Ainsi, l’effet miroir opérant, ils se délivrent, l’auto-satisfecit que tout au long de leur vie, légitimement ou non, ils n’ont eu de cesse, de s’auréoler.
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