Mouroir mon beau miroir

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Ils attendent là, le regard figé, perdu, vitreux et presque mort même tant plus rien ne l’anime.
Le temps n’existe plus, chaque jour n’est qu’une pâle copie du précédent.
Poupées de cire laissées au placard, atmosphère morose, humeur taciturne, l’horloge tourne et leur seule impulsion n’est que le pas à pas qui conduit vers la fin.
Ils font la queue vers l’au-delà dans cet espace inerte, intemporel, où se mêlent les cris de maux et de folie.
Ni vivants, ni morts, démarche robotique, mouvements saccadés, où sommes nous ? Décharge publique des oubliés ? Monde parallèle peuplé de zombies décharnés, dépossédés, ridés, cassés ? Y’a t-il déjà eu une lumière dans ces sacs recroquevillés, vides de tout élan vital ? Quelque chose abreuvait-il autrefois ces vieilles feuilles fanées qui tombent en poussière au crépuscule de leur vie ?
Peau ramollie, fripée, tâchée, ongles jaunis, dents esseulées, cheveux blanchis, toute la matière subie la gravité comme si le corps semblait happé par le sol jusqu’à y être enterré.
Vieillir c’est devenir transparent, inaudible, intouchable, c’est exister sans pouvoir vivre vraiment, c’est transiter dans le wagon de la disparition.

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