Morte par amour

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Suis-je dans le noir ou ai-je les yeux fermés ? Peut-être les deux.
L'air matinal, profitant de sa saison, accordait le sacrement de la paresse aux amoureux du sommeil. Ce matin du 14 avril, tous les êtres vivants de notre localité avaient largement prolongé leur sommeil. Hommes et femmes, enfants, jeunes et vieux, même les méchants coqs qui avaient l'habitude de réveiller le village avaient eu un amour sans précédent à la grasse matinée.
Je me plongeai alors à nouveau, aux environs de neuf heures du matin, dans un sommeil mortuaire. Un rêve s'emparera de moi quelques minutes plus tard. Je me retrouvai au centre du marché le plus animé du village. C'était le marché de Calavi-Tokpa.
Il était en perpétuelle animation. On aurait dit le bruit d'une machine en colère. Tout le marché était rempli d'un mélange de cris d'hommes, de bassines, d'ustensiles de cuisines comme des matériaux de champs et constructions. A l'entrée du marché, précisément à droite, on se laissait facilement accueillir par une grande marchandise de reliques d'animaux, comportant également de différentes formes de feuilles à la fois maléfiques et guérisseuses, dont l'ensemble donnait une odeur compliquée à respirer. A la gauche de la voie, des coiffeurs, des vendeurs de portables et les éléments de cuisine faisaient face à cette marchandise de reliques d'animaux et respiraient avec fierté cette odeur tuante qu'aucun européen ne pourrait supporter sans perdre vie. Au bord de la voie principale faisant face à l'embarcadère de Calavi-Tokpa, se trouvaient des vendeuses de poissons, de légumes, de piment, d'oignons, des bois de chauffe, de charbons, de tomates et beaucoup d'autres choses indénombrables à l'œil mais que le nez sentait facilement. L'odeur devenant encombrante dans mon rêve, je commençai à manquer de souffle. Et d'un coup, je me réveillai avec sursaut. Je remarquai qu'il y avait un bout de pagne mal disposé au niveau de mes narines qui m'empêchait de respirer correctement. Je quittai mon lit pour aller libérer ma vessie déjà en colère, remplie d'un fleuve d'urine. Au moment où je devrais mettre mes pieds parterre pour rejoindre les toilettes, un bruit très doux se fit entendre non loin de mon oreiller. C'est le son d'une notification de mon portable. Par curiosité, je le débranchai de la charge et je sortis avec. Juste à l'entrée de la toilette, je lis une notification qui me coupa net l'envie d'uriner. Bayi ma cousine du village venait de perdre vie. Elle venait de se suicider et la nouvelle avait déjà poussé des ailes. Et partout sur les réseaux sociaux, elle voltigeait. Je n'avais pas eu foi. J'appelai par curiosité une de ses copines pour me renseigner. Une confirmation mêlée de pleurs se fit résonner dans mes oreilles. Je perdis le contrôle de mes mains et le portable tomba d'un coup. Il tomba heureusement sur mes pieds et je repris esprits et conscience. Je m'obligeai d'aller me renseigner sur les raisons de sa mort. Je remarquai qu'il s'agissait d'un buzz. Cependant, les numéros de ses parents étaient non fonctionnels. J'ai dû négliger la nouvelle.
Je retrouvai les toilettes et je me libérai. Je retournai vers ma chambre pour les ablutions matinales qui passèrent très rapidement. La journée aussi ne tarda pas à faire place à l'obscurité.
Avant mon sommeil de la nuit, je constatai que des messages continuèrent toujours par confirmer la mort de ma cousine. Je décidai de rappeler à nouveau une dame plus proche de sa maman. Et c'est là que j'entendis qu'elle était déjà enterrée depuis quinze heures. Elle s'efforça de me donner des détails sur les raisons qui ont poussé ma cousine à se suicider. Quelle douleur double d'ignorance. Je réfléchis plusieurs fois. Ne sachant plus que faire, je décidai de lui laisser un message sur ma page dont voici le contenu «Bayi ! Il est peut-être trop tard pour te ramener à la vie et te conseiller. Mais il n'est pas encore tard de te défendre.
J'ai lu des commentaires malveillants, des commentaires blessants sur toi.
À vrai dire, j'ai résisté à l'idée de supprimer la publication, après que je l'ai relue. Et j'en suis arrivé à déduire qu'il n'y a rien sans cause. Ayant alors joint l'une de tes copines, je suis demeuré insatisfait.
C'est ainsi que j'ai eu l'idée de prendre d'assaut l' "Inbox" d'une jeune mère, qui m'a détaillé du fond en comble tout ce qui s'était réellement passé.
Etant parvenu à être convaincu, je ne t'ai pourtant pas trouvé de tort, mais plutôt à celui qui a été à l'origine de ta mort.
J'ai été déçu par la décision prise par ton petit ami. Ce n'est pas un crime que de tomber amoureux de quelqu'un. D'après les informations reçues, vous en êtes à votre sixième mois. Dans l'intervalle de ces 6 mois, beaucoup de choses se sont passées:
Tu as pris l'argent de tes parents pour remettre à ton bien-aimé, tu as été chez lui, tu as donné ce que tu avais de si chère pour rendre plus confiant ton futur foyer: ta virginité. Naïvement, tu l'as laissé prendre vos vidéos lors des séances sexuelles. À vrai dire, tu n'es pas encore suffisamment mûre pour savoir comment résister devant certaines décisions de son partenaire sans le perdre. Et pour sauver ta relation, tu as tout accepté. Malheureusement, il est revenu te désavouer son amour. Blessant, oui vraiment blessant ! J'ai reçu la confirmation aujourd'hui qu'il t'a longtemps maltraitée. Juste après avoir connu ton sexe, tu as subi des chantages, des menaces de sa part.
Qu'as-tu fait pour mériter cela? Les parents africains diront que tu n'as pas encore l'âge d'être en relation ! En Europe, ma sœur, tu as déjà l'âge. Depuis l'âge de 10 ans, si quelqu'un tombe amoureux, il le dit à ses parents s'ils ne sont pas menaçants, et ensemble, ils aident le jeune couple à apprendre ce qu'on appelle "Amour". Si cette opportunité était donnée à tout le monde ici chez nous, je suis sûr que cette situation n'aurait pas lieu.
La responsabilité de tes parents, l'ouverture de soi des parents à ton égard, le bon choix d'un bon garçon qui a la crainte de Dieu, les bons conseillers, la bonne orientation d'une fille à l'âge de puberté, voilà bien les choses qui ont manqué.
J'aurais bien voulu que ce garçon qui a abusé de toi, qui t'a escroqué, réponde de ses actes. Et qui sommes-nous pour savoir le fondement de cette décision cruelle si aujourd'hui tu ne peux plus parler pour te défendre, si aujourd'hui il peut jeter tout le tort sur toi.
Demandons simplement à Dieu d'ouvrir les yeux à tous les jeunes hommes, les garçons qui ne font que transformer les jeunes filles au cœur faible en instruments de satisfaction et après avoir comblé leur désir, s'en vont.
Chers jeunes hommes, je nous invite à une preuve de charité. La charité est aussi là. Sincèrement, s'il nous est difficile d'aimer jusqu'à la fin quelqu'un, ne prenons pas le risque de faire semblant d'aimer. L'amour est réel et les gens croient. Faisons attention ! Après nos désirs, il y a Dieu.»
Après avoir écrit ce message je le publiai et je m'endormis. Au milieu de la nuit, je remarquai une disparition totale de mon sommeil. Je devrais me confronter aux idées maigres de peur. Je pris alors mon portable pour lire les commentaires. Celui qui m'avait le plus touché est le commentaire de Johnson TETE. Il disait ceci
«Nous t'aimons,Bayi et nous t'aimerons toujours. Arrivée là-bas, ne te condamne pas. La vie est ce que la nature nous cache.»
Je me sentis réconforté. Je n'étais pas le seul en Israël qui défendait une jeune fille suicidée pour avoir connu une déception amoureuse. Je me levai de mon lit. J'avançai vers ma table d'études et je pris mon journal intime. Je l'ouvris et j'écrivis en rouge : «Jamais je ne serai le malheur d'une jeune fille» Je refermai mon journal et je me jetai dans les bras de Morphée. Je m'endormis tranquillement !

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Ankutsha KYONA · il y a
Belle histoire pleine de leçons morales.
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Aymard Kuakuvi · il y a
Du courage Elysé
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Eric diokel Ngom · il y a
Les filles aussi si vous n'aimez pas un homme n'essayez pas de manger son argent tu a mes voix merci de me soutenir je suis candidat
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Eric diokel Ngom · il y a
Les filles aussi si vous n'aimez pas un homme ne manger pas son argent.. tu a mes voix .. merci de m soutenir suis candidat aussi
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Robert Haïtam · il y a
Une belle écriture. Bonne chance !
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Elysé GODO · il y a
Sincères remerciements
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Gérard Muller · il y a
Joli écriture, mais quelques points à améliorer : trop de répétitions, pas assez de détails visuels (description de l'environnement) et expression des sentiments un peu trop clichés (utilisez plutôt des métaphores). Je donne 3 voix
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Elysé GODO · il y a
Merci pour les apports.
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Flore A. · il y a
Un récit bien écrit. Partagée entre réalité et fiction...elles se rejoignent malheureusement si souvent...Merci d'être venu me lire.
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Elysé GODO · il y a
Merci beaucoup.'
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Constan Tin · il y a
Duc il altum'.
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Bill IamYourClounon · il y a
Courage Élysée ! Belle histoire.
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Elysé GODO · il y a
Merci ! Merci mon grand.