3
min

Montmartre

Image de Aurore Londero

Aurore Londero

7 lectures

0

Les rayons de soleil transpercent les rideaux de la fenêtre pour venir caresser ma joue de sa chaleur si réconfortante. J’ouvre alors les yeux... dépitée je me rend compte que ce n’était qu’un rêve, un joli rêve, alors je referme vite les yeux, furetant dans tous les coins de mon esprit pour trouver la suite de celui-ci, sans succès... évanoui dans un écran de brouillard, frustrée et serrant fort mon oreiller de mes bras, je visualise cette histoire, elle paraissait si réelle, que je n’eu aucun mal à la revivre.

Après plusieurs semaines d’échanges virtuels chaleureux, houleux et privés, le rendez-vous tant attendu et désiré arrive à échéance. Plus que deux jours, deux tout petits jours d’attente, le sommeil me manque, des images plus improbables les unes que les autres s’invitent dans ma tête. Tiraillée entre l’agacement et le plaisir de l’inconnu, j’ai du mal à penser à autre chose.

Jour j... rendez-vous à Montmartre, sur les marches accédant au Sacré-Cœur. J’attends, mon cœur fait des cabrioles dans la poitrine, mes entrailles sont si serrées que j’en ai du mal à respirer. Je regarde ma montre toutes les deux minutes ; quelle andouille je suis, pourquoi être arrivée si tôt aussi. J’admire de jeunes danseurs offrant un spectacle de rue ahurissant et me laisse transporter par leur musique, au moins, le temps passe un peu plus vite, ou tout du moins j’en ai l’impression, je ferme les yeux, laissant mes pensées allez vers lui... puis, je sent une personne se glisser derrière moi, je sursaute, mais elle ne me laisse pas le temps de la voir. Une voix douce me souffle à l’oreille, ne t’inquiète pas, ce n’est que moi. Ne te retourne pas. Laisses toi guider par le son de ma voix...

Dans une douce mélodie, Il me chuchote : cela fait dix minutes que je te regarde. Tu es si jolie, naturelle, tu souries à la vie. Le lobe de mon oreille est aspiré, mordillé, un doigt suit les courbes de mon cou, pour s’échouer d’une main entière sur mon épaule, il y dépose un baiser, deux baisers, pareils à deux petites plumes caressantes... petit à petit, je m’abandonne, me détend et me laisse porter par ces vagues de sensations brûlantes dans le corps. Lâchant prise, peu à peu, j’ai confiance. Confiance en lui.
Alors je m’adosse, cambre mes reins sous ces petites caresses de satin, entourée de ses bras, en sécurité. Un souffle chaud au-dessus de son oreille, puis ces mots, tout petits mots : Tu sais quoi... je vais te dire un secret... tu me plaît... ces mots, si souvent lus sur un écran... prononcés délicatement, font échos dans mes tympans... le virtuel rejoint le réel... ce n’est plus un désir, un mirage, j’y suis... avec lui.

Je n’ose ouvrir les yeux, le bruit de pas étrangers qui nous entourent ne sont que de furtifs rappels que nous sommes en public. Cela m’est égal, je savoure, je me languie. Une de ses mains passe sous mon pull, toujours caressante, lente. Avec un soupçon de force il me presse la taille pour revenir sur mon ventre. Il ne dit plus un mot, je n’ai que sa respiration en sourdine, mon corps entier s’hérisse à chaque mouvement de sa part... je n’ai aucune envie que cela s’arrête, je veux continuer à savourer, je le désire, soupire. C’est alors que le chemin de douceur prend une direction beaucoup plus intime, vers ma fente douce, franchissant les centimètres de peau avec patience et méfiance, attentif à mes réactions, il poursuit son aventure avec retenue mais détermination. D’un ton rassurant il me dit : tu peux encore le refuser.

Je me laisse faire, incapable de parler, de répondre...mes cuisses s’écartent instinctivement, comme pour faciliter l’ouverture de la porte sur l’entrée de la vie. Ayant dorénavant occulté le fait que je me faisais caresser à l’insue d’une montagne de touristes... je ne me soucie même plus d’être ainsi à sa merci, je suis bien, détendue, et j’apprécie... j’aime ses caresses intimes, cette impression d’être seuls au monde ; alors que le monde est autour de nous... La pression de sa main se fait plus intense sur mon pubis, m’arrachant un sursaut, un petit cri, lui offrant en récompense les premiers afflux de mon nectar. Mes muscles se crispent au fur et à mesure de la précision de sa caresse, tandis qu’il pénètre ses doigts en moi, mon front perle, mes ongles s’enfoncent dans son jean’s, je coupe ma respiration pour ne relâcher après qu’un râle murmuré... de ses doigts trempés il joue avec mon bouton de rose, descendant sur mes petites lèvres, pour mieux remonter et effleurer ce clitoris prêt à éclater.... sa main ne lâche pas prise, jouant avec mes sens et renversant mon cœur. Je serre mon vagin contre elle, comme si je pouvais la retenir, et quelques instants plus tard, mes jambes se mettent à trembler, mes dents mordent ma lèvre inférieure, je sent que je vais hurler, tout en moi est prêt à exploser, je baisse la tête essayant d’être cacher de mes cheveux, et je finis dans une explosion d’adrénaline, pour ensuite écraser sa main de la mienne... puis je reste quelques instants sans bouger, à reprendre mes esprits.
Je penche enfin ma tête en sa direction, dépose un baiser dans son cou et lui sourie... comme pour lui dire merci...

0

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,
Image de Grenelle
Grenelle · il y a
On voit le désir qui monte comme le funiculaire le long de la côte. Jamais le sacré cœur n'a aussi bien mérité son nom.