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Montagnes

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Sabreina

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Je me souviens de Los Angeles, de ses étoiles perdues, de la terre asséchée et du vent, quasi inexistant. Je me souviens de ces rêves, éparpillés, de ces pieds ensanglantés, à force de suivre des illusions. Je me souviens de la chaleur, d’une atmosphère écrasante, l’été, et la compétition. Personne ne me ressemblait, tout le monde se déguisait, rien n’était vrai, ni faux, juste... fabriqué. J’avais le cinéma en tête, les décors en papier mâché, la foule, les cris, le chaos. Nous étions cinquante, sur un plateau, pour n’apparaître que 34 secondes à l’écran. J’avais, un jour, fait partie de ce monde, comme si j’avais pû toucher Saturne, comme si... comme si celle que j’étais, il y a dix ans, n’importait pas. Et tout ce maquillage, ces déguisements, je m’étais perdue, quelque part dans cette ville, ou dans cette montagne, loin de tout, de tout le monde, à vous faire perdre raison. Je vous écris de cette maison, dans les montagnes, là où je me perds, à rêver des existences que j’ai abandonnés. Les chèvres sont de très mauvaises compagnies, la nuit, je cris, épouvantée, perdue. Où suis-je? Pourquoi, ici? Je n'étais coupable de rien, que d'avoir écrasé mon passé, accéder à la gloire, me déguiser, crier, hurler dans un bain de sang. Je suis un fantôme, une rescapée, animale.
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