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Mon amour

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Bea

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Je suis amoureuse d’un silence mon amour, que l’on tricote entre nous, dans les mailles d’une histoire inventée.
Il y a, entre les fils de laine entremêlés, ajourés, un espace.
Le jour s’aventure là, il dit je ne sais quoi que tu entends. Moi aussi. Et puis quoi? Rien qui ne soit audible vraiment.
Je me suis levée ce matin-là, automate articulée par un jour nouveau, sur les rives d’une histoire que je ne comprenais pas encore.
Tu as dit des mots, tu as pensé si fort qu’on entendait se former la brume de tes pensées. J’ai vu des silhouettes entre nous, de toutes sortes, des alphabets nouveaux, des images concassées, des ardeurs immobiles.
Je t’ai vu, enfin, depuis des siècles dressé dans l’entre-deux de la vie. Dressé entre hier et demain, espérant qu’on y soit, qu’on y reste, que nos jambes à nos cous, on enjambe l’ivresse de l’absence. J’ai dit : j’y crois. Tu as dit : moi aussi. C’était suffisant, c’était tout ce qu’il fallait.
On a inventé le monde, on a ôté aux barbares leur vengeance, on a crié si fort que les étoiles désarticulées se sont accrochées au ciel. Et toi tu savais, que nos soupirs iraient plus loin, qu’ils enjamberaient le silence du monde et rejoindraient, là-bas, au loin, les cœurs.
Tu savais, tu avais toujours su, tu en étais né. Tu aurais pu leur dire, à eux aussi, et leur faire éclater aux visages la parole nouvelle. Mais non. Tu t’es assis, attendant simplement qu’un jour se lève.
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