Moi, enceinte ? Mais pour quoi faire ?

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C'est peut-être parce que quand je n'étais encore qu'un embryon mes parents m'ont surnommée "La virgule"... peut-être aussi que ça n'a rien à voir. Ce dont je suis sûre, c'est que si je n'ai  [+]

Je déteste cette idée trop répandue qui veut qu'une femme n'est accomplie que lorsqu'elle devient mère. Pourquoi ne dit-on pas la même chose des hommes ? Parce qu'un homme ne porte pas la vie. Il y contribue, mais ne porte rien. Alors forcément, pour lui, c'est plus léger.

Je pourrais comprendre un peu mieux les femmes si il y en avait moins pour qui enfanter est une fin en soi. En termes de proportions, je n'arrive pas à concevoir qu'autant de femmes ressentent cette envie de maternité. A les écouter, c'est un sentiment viscéral, soudain, pressant, auquel on ne peut échapper. De loin, ça ressemble bien à une envie de pisser. Sauf que j'ai du mal à croire qu'ensuite on puisse être soulagée. A mes yeux ce serait plutôt l'inverse !

Si je caricature, c'est comme si quand le bébé arrivait il y avait un message : « Attention, avec moi ta vie s'arrête. A partir d'aujourd'hui, tu vas devoir penser pour deux. Tu vas devoir vivre pour deux. Partager ton temps, ton argent, mais aussi tes sentiments et tes pensées. Aussi, saches que ce n'est pas juste une question de temps, c'est définitif. Une fois que je serai là, tout sera transformé. Tu devras faire des sacrifices, tu auras des doutes, des peines et des difficultés. Mais aussi difficile que ça puisse être, jamais tu ne pourras faire marche arrière. Quand on est maman, les parenthèses n'existent pas. Je pourrais disparaître de ta vie, de ton environnement quelques instants, mais jamais de ton esprit. Cette décision est irréversible. Es-tu certaine de me vouloir ? »

COMMENT PEUX T-ON DIRE « Ouiiiii, j'en ai enviiiiiie ! » ?

C'est là qu'intervient ce qu'on appelle « instinct maternel ». Quand on me dit « tu ne peux pas comprendre », je veux bien y croire. Parfois, je me dis que je suis un homme dans un corps de femme. Dépourvue de toute envie de maternité, absolument insensible aux enfants, voire affolée quand il s'agit d'interagir avec l'un d'entre eux. Je ne peux absolument pas imaginer, même en faisant des efforts, que je puisse un jour avoir un mini-humain dans mon ventre. Plus qu'inconcevable, ça me paraît absurde.

Je sais que c'est « normal », je sais que c'est la vie, je sais que c'est « comme-ça-que-ça-marche », mais même.

Parfois je me dis aussi que ça aurait été plus simple d'être un homme. Déjà, je n'aurais pas eu à me justifier. Alors que là, c'est « Ben, t'es une fille et tu veux pas d'enfant... ? Non, mais ne t'inquiète pas, ça viendra ». De un, je ne m'inquiète pas, et de deux je doute que « ça vienne ».

Je me préoccupe plus de mon nom de famille que de ma descendance.

C'est un peu narcissique de penser à ça mais quand on fait le calcul... Dans ma famille, de ma génération, il y a : deux filles (femmes, pardon, elles sont mères!) qui ne portent plus mon nom de famille mais celui de leurs maris. Un homme qui approche la quarantaine, et donc l'age fatal où la question ne se pose presque plus. Un homme qui préfère les hommes. Un frère qui n'est plus. Et moi. Autant dire qu'on est foutu ! Avec mon égoïsme et moi disparaîtront les « Maréchal-ferrant », traduction littérale de mon nom de famille polonais.

Mais au fond, qui sait si c'est une mauvaise chose ?
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