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Meurtre en Roumanie

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Marie s'installa face aux deux agents chargés de l'enquête de la mort d'Agnès, sa meilleure amie.
Le plus âgé des deux lui tendit une lettre soigneusement enveloppée d'un papier blanc légèrement jauni par le temps.
"Nous avons trouvé cette lettre dans la main de votre amie lorsque nous fouillions dans la pièce où elle est morte, fit-il.
-Et... vous avez trouvé des indices ? s'enquit-elle.
-Aucun." Il prit un air grave et ajouta : "Nous pensons toujours que c'est l'œuvre d'un cambrioleur.
-C'est possible... son oncle a tant de richesse. Mais vous avouerez que c'est tout de même étrange : à chaque fois qu'une femme est entrée dans ce manoir, elle a fini égorgée, poignardée ou encore étranglée.
-Il est vrai que c'est étrange, cependant nous n'avons encore trouvé aucune explication rationnelle. Vous nous tiendrez au courant de ce que contenait cette lettre ?
-Bien sûr. Au revoir, messieurs", conclut-elle.
Les agents se levèrent et Marie les accompagna à la porte.
Une fois qu'il furent partis, elle s'installa dans le fauteuil placé à côté de la bibliothèque et entama la lecture de sa lettre à voix haute.
"Chère Marie. Je t'écris pour t'annoncer que je ne tarderai pas à rentrer. Tu ne peux pas t'imaginer le nombre de choses étranges qui me sont arrivées depuis que j'ai mis les pieds dans le manoir de mon oncle.
Avant de te raconter ma première journée en détails, je voudrais te demander comment va Dimitri : c'est que, depuis que j'ai quitter le pays pour passer les vacances chez mon oncle, je ne cesse de penser à lui.
Donc voilà la description de mon séjour : ce matin, je suis arrivée avec le fiacre dans la cour fleurie.
Mon oncle est venu m'accueillir chaleureusement. Il m'annonça les dernières nouvelles, y compris qu'il était à nouveau veuf. C'est dommage, j'aimais bien son épouse. C'est la troisième que j'ai connue mais une rumeur disant qu'il en avait bien plus circule.
Nous sommes ensuite entrés dans le manoir que mon oncle m'a fait visiter.
C'est le soir du dîner que tout à commencé.
Un gémissement a retenti. Je ne pouvais déterminer la source du bruit mais une longue et faible plainte a résonné sur les murs de la grande salle à manger.
J'en ai fait la remarque à mon oncle mais il m'a assuré ne rien avoir entendu.
Comme le gémissement n'a retenti qu'une fois et que j'étais visiblement la seule à l'avoir entendu, je décidai de ne plus y prêter attention en essayant de me convaincre que c'était une hallucination créée par la fatigue du voyage.
Sauf que, lorsque j'eus rejoint ma chambre et que je passai devant le miroir de ma coiffeuse, ce ne fut pas mon reflet que je vis mais celui d'une femme élancée, aux longs cheveux blonds si clairs qu'ils paraissaient faits d'or, et aux yeux d'un bleu pur. Seul son visage sévère et son regard froid me donnèrent une sensation de danger, mon instinct me dictait la fuite.
Cependant, lorsque je cillai, le reflet avait été remplacé par le mien, qui demeurait horrifié, qui ne savait que faire.
Je m'approchai lentement de la coiffeuse et commençai à tâter le miroir, terrifiée. Cette femme... je l'avais déjà vue. J'en suis sûre. Je suis rapidement sortie dans le couloir dont les murs étaient emplis de portes et de tableaux et en repéra un qui captiva mon attention.
La femme qui y était représentée ressemblait trait pour trait à celle que j'avais vue dans le miroir.
Alors que je commençais à être saisie d'une panique qui vous glace jusqu'aux os, je me souvins du jour où mon oncle m'avait parlé de sa première femme, la seule qui n'avais pas été assassinée, mais morte de maladie.
A ce moment-là, une voix résonna dans ma tête. Cette voix ne cessait de répéter : "mort, sang, minuit".
A l'heure où je t'écris cette lettre, il est 11h40 du soir. Les murmures se font de plus en plus forts et je ressens d'étranges sensations, comme si un doigt me tapotait l'épaule.
A l'heure où tu la liras, je serai sur le chemin du retour, sans doute en Hongrie."

Les yeux larmoyants, Marie cessa un instant de lire. Elle réfléchit longuement aux sensations décrite par Agnès le soir de sa mort, car c'était le même jour qu'elle avait écrit cette lettre.
Son regard se posa sur la phrase finale, écrite en petits caractères d'un rouge brunâtre. Elle y lut :
"Celui qui lira cette lettre sera ma prochaine victime."
Marie tressaillit en remarquant que la phrase avait été écrite avec du sang.
En dessous, en guise de signature, trois traits semblables à des griffures étaient tracés.
Elle se souvint alors des paroles de l'inspecteur :
"On dirait qu'Agnès a été griffée à la gorge : elle porte trois entailles."
Marie frissonna en s'imaginant porter cette sinistre signature...
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