Mémoire de l'Oubli

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L’impact des gouttes sur le métal... créait une vibration que seules quelques personnes pouvaient percevoir.
Il entendit quelques pas, puis plus rien. Il se souvenait à peine de ce qui s’était passé ce jour là. Il se promenait tout seul dans la nuit quand il la vit soudain. Et tout lui revint en mémoire. Elle l’emmena sans qu’il puisse résister. Elle avait tellement changé qu’il la reconnaissait à peine. Elle avait à présent une guirlande d’étoiles qui la suivait partout. Elle avait beau le rassurer, il ne la croyait pas. Pourquoi lui ? Pourquoi justement lui quand le reste de la terre n’attendait qu’elle ? Et toujours ces gouttes, toujours cette vibration pesante qu’il avait cherchée si longtemps. Il était là, attendant que quelqu’un vienne le délivrer. Les liens étaient serrés mais il ne souffrait pas. Le sang coulait de ses poignets et de ses chevilles déchirés par les cordes de verre, mais il ne ressentait aucune douleur. Si personne ne passait par là, on ne le retrouverait jamais, et il disparaitrait de la surface de la terre comme il était venu, seul et anonyme. Et personne ne se souviendrait de lui. Personne n’aurait de regret, à part elle, la cause profonde de sa douleur et de sa noirceur. Les pas recommencèrent à marteler le métal de sa prison, et là il sut en un éclair fulgurant ce qui allait se passer. Elle était là, face à lui, hautaine comme toujours, dédaigneuse et si belle, si riche de sens qu’il se perdait dans ses yeux et dans son âme, si fragile et si forte qu’elle pouvait faire tomber d’un seul regard n’importe quel humain qui s’opposerait à sa volonté. Car ce qu’elle voulait, c’était non seulement son âme, mais ses souvenirs, ses pensées, ses rêves, ses espoirs surtout, et elle le retenait prisonnier dans cette cage de métal, et son sang, goutte à goutte, coulait dans les profondeurs de la terre et nourrissait l’infiniment petit. Alors elle décida tout à coup qu’il était temps d’arrêter, temps de passer à l’acte et elle sortit son poignard pour le détacher et encore lui faire subir sa volonté.
Alors la vibration diminua, puis alla crescendo jusqu’à paraître anormale et fantomatique.
Elle trancha ses liens d’un coup sec, lui laissant la liberté de se lever, mais même libre il était prisonnier. Même détaché il était lié de profundis à celle qu’il suppliait de le délivrer et de mettre fin à son supplice.
Elle referma la lourde porte métallique et se dirigea lentement vers lui.
La terreur se mélangeait en lui à une joie subtile et salvatrice...
Elle se concentra avant l’acte, elle prit une longue inspiration avant de lui soutirer de la manière la plus douce et la plus cruelle ce qu’elle voulait de lui, sa vie, dans toute sa profondeur.
Et elle se sentit revivre, prête pour aller chasser d’autres victimes qui comme lui seront comblés de lui offrir ce qu’ils ont de plus cher.
Elle ferma la lourde porte et se fondit dans la nuit étoilée.
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