Marche ou grève

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AMICXJO prononcer amite-chiot Retraité, jeune (ou presque : couvée de 1950). Agnostique mais avec des idoles : Jacques Brel, Vincent de Paul et ses réincarnations : Henri Grouès, Madeleine  [+]

Il avait appris de longue date qu'il ne faut jamais, se laisser aller au sommeil dans un train quand on doit descendre avant le terminus et que l'on ne connaît pas la gare où on doit arriver et que le temps se distingue par un brouillard épais.

Tiu Kiuamaschine brillant étudiant en 5ième année de philosophie option politique transcendantale à Paris XIII, avait besoin de donner un maximum de repos à son jeune corps qui serait fort sollicité en revenant dans les bras de Germaine.
Germaine, ce n'était pas terrible comme prénom en 2018, mais le corps de la jeune fille qui le portait était plus qu'un rêve, plus qu'une vision divine, c'était un magnifique bijou de gonzesse de 58 kilos aux yeux vert foncé à la fois plein d'innocence et de braise.
Plus que belle, hyper belle, superbe enfin aucun superlatif n'était vraiment adapté.
Tiu l'élu du joyau qu'elle était, n'était pas mal gaulé non plus. Ses origines Indo Népalaises lui avaient donné un visage fin. Ses yeux à lui exprimaient toute la douceur, toute la sérénité, toute la compassion d'un moine de Katmandou auquel il ressemblait, Sshamtab en moins remplacé par un jean et une polaire noire à capuche vêture traditionnelle en occident.

Il avait de longs doigts agiles normalement destinés à faire tourner les moulins à prières. Ces doigts de pianiste rendaient folle Germaine dans les concerts de musique de chambre qui les réunissaient.

Dans un virage, le train émit un bruit de fer rouillé qui le réveilla. Il regarda par la fenêtre. Le paysage défilait, blanc, banalement blanc-gris avec des lambeaux de vert couleur verdure, de temps en temps, à travers le triste brouillard.
Il remit son regard dans le wagon. Il était seul. "Tiens mon train est devenu un train fantôme !" Pensa-t-il. Il ne savait pas où il était mais sa montre le rassura : d'après ses calculs la gare où l'attendait Germaine était située vers le 4 du cadran, chiffre qui serait atteint avec la gare qui allait avec, dans un petit quart d'heure et comme en France les trains ne sont jamais en avance, il était optimiste.
Il décida de changer de wagon, la solitude l'effrayait un peu. Le wagon suivant était vide, alors il se souvint qu'une grève SNCF devait avoir lieu prochainement, peut-être même aujourd'hui pensa-t-il.
Il continua à remonter vers la locomotive : Toujours personne, même pas un contrôleur, mais surtout aucun passager.

L'évidence lui arriva soudain en pleine figure d'étudiant en politique transcendantale : en cas de grève, ce n'est pas les passagers qui s'y collent, mais bien les cheminots. Mais alors il pouvait s'agir d'une grève confraternelle 'cheminots usagers' ou bien pour punir les grévistes du rail, les usagers faisaient une grève de passager contre la grève duraille, en représailles ?
Mais qui conduisait la locomotive ?
Il arriva dans le wagon de tête. Devant une locomotive diesel qui courrait la campagne avec sûrement un conducteur, ou pas. Il s'écrasa contre la porte vitrée verrouillée. La loco était là luisante de graisse sale. Évidemment de là on ne voyait pas le chauffeur. Il pensa soudain "je suis vraiment perdu dans un train fantôme, je ne reverrai jamais le soleil de mes nuits, la perle de mes jours ma Germaine..." Et soudain, il se révolta...

— He !, l'auteur de cette histoire pourrie, qu'est-ce tu fous, tu m'as donné la plus divine des princesses, l'espoir de la retrouver bientôt et là, tu me laisses aller à la mort, dans un train pourri qui va finir par s'écraser contre un quai pourri dans une gare pourrie...


Le chaud soleil perça à travers les vitres. Le brouillard avait disparu. La main chaude et professionnelle du contrôleur se posa sur son épaule.
— vous êtes arrivé, jeune homme, il y dehors une jolie demoiselle qui fait des signes et comme vous êtes le dernier voyageur... La SNCF et le personnel d'accompagnement vous souhaitent une bonne fin de voyage et espèrent vous retrouver bientôt sur ses lignes....
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