Marcassin sensé

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Tout ce qu'il y a d'important à savoir c'est que j'aime l'Auvergne, le Tripou et les cookies  [+]

Le merle s'arc-bouta jusqu'à toucher les rares petites branches du boulot et faire tomber les feuilles restantes.
Sans le savoir, il se réveillait sur le village de Norrée où tous les habitants s'étaient réunis devant le lac pour observer les feux de fin d'année tels qu'ils étaient annoncés par la mairie, rayonnants, flamboyants, dantesques.
Un petit attroupement s'était déjà désolidarisé, à peine les feux lancés, pour observer un bien triste spectacle.

Un jeune garçon essayait de tuer un marcassin à coups de hache.

Le Maire intervint, face à l'incrédulité des habitants.

Nul ne peut s'interposer entre moi et ce marcassin se défendit le petit : il n'a ni droit de vie, ni droit d'être assisté, je peux le tuer et le torturer.

Non, Monsieur, la loi l'interdit.

L'enfant se résigna un instant, puis il persista. Le maire tenta de l'approcher.
Le jeune homme fit mine de lui donner un coup de hache.

Il n'en faisait qu'à sa tête. N'écoutait rien. Les feux l'ennuyaient.

Les feux éclataient.

Les spectateurs ne savaient pas à quel sein se vouer, mais la plupart s'étaient tout de même tournés vers l'enfant car ils voulaient voir s'il allait être puni.

La mère intervint.

Laissez mon enfant à ses œuvres, la jeunesse doit être forte, elle ne peut courber devant le sentimentalisme ni les émotions de notre temps.

Le père était absent, il devait être dans la foule en train d'observer le spectacle, se disait-on.

Madame, votre fils ne peut user de violence gratuite contre cet animal, qui plus est, vivant, à titre de tortures. C'est non seulement interdit par les lois ; ça l'est aussi par la morale.

Vous ne pouvez vous mêler de l’éducation de mon fils, qui ne regarde que moi. De plus, je ne souhaite pas avoir pour fils une petite chose fragile et être au contact de la nature lui permet de s'endurcir.

Quelques personnes rient dans l'assemblée, certaines sont choquées.

Une femme d'une soixantaine d'année sort de la foule, écarte l'e jeune homme, lui prend le marcassin. Celui-ci, éberlué, n’oppose aucune résistance.

La femme s'éloigne et tout le monde, muet, la suit des yeux. Elle descend le lac sur son pan ouest et vient déposer l'animal sur le linon tout juste recouvert par la neige.
Au loin, on le voit faire quelques pas, subrepticement, sous les lueurs des feux d'artifices qui retombent par bribes sur sa trace.
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