Maman

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Je vous invite à lire " Femme " et vous en saurez presque autant que moi sur moi. Permettez de conserver un peu de mystère  [+]

Maman

Minouche, comme chaque matin qui se lève se demande comment elle va s'habiller. Elle sort donc quelques instants nue sur sa terrasse sauf quand il pleut. La température lui donne une idée sur sa tenue mais il lui faut de la réflexion pour décider et c'est ainsi qu'elle est chaque jour en retard à son turbin. En ce qui concerne les sous-vêtements, le choix est vaste, de la culotte en bouquetin bien chaude à l'absence totale de ces carcans et ne lui parlez surtout pas de strings, elle a horreur de se sentir pénétrée à l'insu de son plein gré. Ah cette ficelle qui entre dans la fente et s'introduit partout.
Certaines comme sa mère adore, elle ne porte que ça hiver comme été. Elle ne peut sortir sans cet attirail grotesque. Ses poils sont disciplinés comme une armée de bidasses. Elle se rase deux fois par semaine. Je ne comprends pas ce goût immodéré pour ses attributs amoureux. Je sais qu'elle a de nombreux amants depuis la mort de papa il y a 5 ans. À presque 60 balais, ce comportement m'étonne et me subjugue. Je me dis qu'elle a dû être frustrée avec papa si doux, si peu viril. Elle se rattrape en quelque sorte mais elle a parfois mauvais goût. Je lui ai dit, elle me rétorque qu'elle n'a plus mon choix et que tout mâle est bon à prendre. Elle parle peu mais m'a confié que papa était gentil mais peu porté sur le sexe avec elle. Elle l'appelait 14 juillet car c'était une fois l'an.
Donc ma mère menait une vie de débauchée et j'en subissait les dégâts collatéraux. Étant redevable à ma maman, j'étais plutôt amateuse avec des besoins de mon âge. Je me dispersais un peu et je pratiquais parfois des jeux dangereux comme la balançoire que vous devez connaître. Au cours d'une séance violente qui dégénéra je fus frappée par des jeunes voyous qui s'étaient introduit dans l'établissement. On m'opéra en urgence et l'on dut me faire l'ablation de l'utérus. Une douleur mentale énorme à 28 ans. Le chirurgien avait pu conserver les trompes de Fallope tellement indispensables pour mes plaisirs à venir.
Je reprenais doucement goût à la vie quand je rencontrai maman dans une voiture de sport avec un homme jeune d’une trentaine d’années. Elle me le présenta, c’était James. J’appris plus tard que c’était un proxénète qui par le biais de ma mère me lorgnait et envisageait de me prendre dans ses griffes. Ma mère fut de suite d’accord pour me donner à ce type. Ils comptaient sur ma naïveté pour me faire devenir une fille de plus à sa panoplie de prostitués et avec l’accord de maman. J’avais heureusement un travail qui me plaisait.
Ma grande et seule amie me mit en garde. Elle détestait ma mère qu’elle traitait de salope, je n’aimais pas ses propos sur maman. Elle était simplement devenue légère de mœurs sur le tard mais avec des circonstances atténuantes. Elle avait été privée de sexualité durant ses quarante années de vie avec mon papa chéri sans jamais prendre un amant.
C’eut été au-dessus de mes forces de supporter cela, donc je la respecte !
Je l’adorais mon père mais il se comporta comme un aigle noir avec moi. Il devait aimer les très jeunes filles. Ses massages que je désirais devenaient plus précis et j’eus un jour un orgasme que je ne comprenais pas. Il m’expliqua patiemment que j’étais devenue une femme, que le plaisir était une chose normale et que je devais en profiter. Ses propos clairs me mirent en garde des garçons qui risquaient de me faire un bébé.
Chaque massage était devenu un séance de plaisir pour moi. Il était habile mon papa et j’adorais cela. Intoxiquée par ces massages qui me procuraient détente et relaxation, je devins studieuse et mes études s’en ressentirent. Je passais mon bac à 15 ans avec mention. J’étais bien dans mes baskets et papa continuait de façon douce à me propulser de plus en plus haut. J’avais maintenant des orgasmes de femme mûre et il en profitait pour me faire bénéficier de ses largesses. À l’instar de mes études, il m’initia largement aux promesses de l’amour charnel et me fit profiter de l’anatomie masculine. Quand je me mis à jouir ouvertement, il sortit son sexe et se masturba devant moi. Cela peut apparaître comme de l’inceste maintenant mais je ne ressentais pas du tout cela de cette façon et même maintenant, je le remercie de m’avoir initiée de manière douce. J’ai intégré une école préparatoire prestigieuse à Paris et je suis devenue la plus jeune agrégée de philo de la rue d’Ulm. Mon père est venu me voir mais je logeais dans une chambre minuscule et j’avais un petit ami étudiant comme moi. Je lisais dans son regard qu’il me désirait mais le temps était passé de ces petits jeux et c’est tout penaud qu’il repartit.
J’ai toujours une pensée émue pour lui qui est décédé à 62 ans .
Je n’ai jamais compris la raison, les raisons de la mésentente physique de mes parents. Ma mère s’est un peu calmée mais elle doit payer pour se satisfaire avec un homme encore fougueux. Elle ramène de temps à autre un SDF qu’elle remet en état puis dans son lit. Je suis incapable de lui en vouloir, pas plus qu’à papa. Deux êtres trop différents qui souffrirent de cette incompatibilité. Deux êtres merveilleux d’humanité, je les vénère .
Paris juillet 1937

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Utilisateur désactivé · il y a
De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace... Vous jouez merveilleusement avec le feu...
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Philippe Collas · il y a
Un catalogue de fantasmes bourgeois, pas trop mal exprimés. Une syntaxe parfois approximative. Une crudité sans originalité.
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Lange Rostre · il y a
Un texte qui ne laisse pas indifférent.....
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Gladys · il y a
J'aime secouer un peu la bienpensance qui sévit dans notre ronron quotidien !
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Lange Rostre · il y a
Ok..

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