Malou ou le courage

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C'est une histoire vécue.
C’était il y a quelques décennies déjà....
Elle s’appelait Marie-Louise, mais ses amis, ses proches l’appelaient « Malou »....
Toujours joyeuse et de bonne humeur, elle aimait la nature, les fleurs, les chardons bleus, les oiseaux, les étoiles, la Meije , les Autres et.... la Vie.
Sa petite famille était son soleil de tous les instants.
Un jour, elle s'est trouvé une grosseur au sein gauche.
Elle a consulté un médecin : CANCER.
Encore sous le choc, elle est rentrée chez elle, retrouver son mari handicapé par un AVC et ses trois enfants, alors âgés de 15, 11 et 9 ans.
Marie-Louise travaillait en usine, et à cette époque là, pas question de prendre des congés de maladie.
Elle a donc un peu attendu avant de prendre la lourde et difficile décision de subir l'ablation du sein.
Nous sommes en 1958 ;
Pas question pour elle de baisser les bras : elle avait trois enfants trop jeunes pour ne plus avoir de Maman, son mari handicapé qui n'aurait pas supporté le pire ;
IL FALLAIT QU ELLE VIVE.... voilà son état d'esprit.
Après avoir envoyé ses deux petites filles en colonie de vacances pour leur éviter le choc du départ elle se décida à entrer en Clinique.
Chimio, radiothérapie, nausées, fatigue.
Quelques temps plus tard, elle rechuta une première fois : l’utérus était atteint.
De nouveau la clinique, le même chirurgien, les soins, la peur. Cette peur de s’en aller alors que ses enfants étaient encore jeunes : ils avaient trop besoin d'elle.
Pendant ce deuxième séjour en clinique, le Chirurgien lui apprit une mauvaise nouvelle ;
Son fils aîné, alors âgé de 17 ans a eu un très grave accident de vélo  : l'amputation de la jambe était inévitable.
Appelé pour une amputation, donc, à l’hôpital de la ville, ce même chirurgien refusa l'amputation et sauva la jambe du jeune homme, après trois heures et demi d'opération minutieuse, sachant que sa Maman se battait contre la maladie dans sa propre clinique.
Quelques années plus tard, après une deuxièmechimio sévère, perte de cheveux, radiothérapie pendant des semaines, fortes nausées, grande fatigue, amaigrissement, ce fût la rémission : l’espoir enfin , que tout soit fini.
Marie-Louise reprit son travail, toujours dans la bonne humeur, l'optimisme, et la gaieté, ne se plaignant jamais ; Elle remontait toujours le moral des autres, s'attardant pour les écouter. Elle se rendait à l'usine en mobylette, par moins dix degrés parfois l’hiver, et ce à 10 kms de chez elle.
Elle était aimée de tous : Amis, collègues, voisins,
Couture, ménage, lessives : le train-train quotidien avait repris ses droits ; elle se reconstruisait, acceptant sans sourciller son physique, son nouveau corps.
Elle reprenait confiance et pouvait voir grandir ses trois enfants, les voir poursuivre leurs études, les voir fréquenter.... Tout cela la réconfortait ; Elle savait que la vie s'ouvrait devant eux, avec une situation pour chacun...c'était primordial pour elle qu'ils aient tous les trois une situation. Elle était fière, très fière d’eux.
Elle fût là, bien présente, pour accompagner fièrement son fils aîné à l’autel, lors de son mariage.
Ce fut sa dernière "mission" de Maman :
A la fin de cette même année, le cancer est revenu. Plus virulent encore ; les métastases avaient atteint les os, l’estomac, le foie...Le cancer se généralisait.
Ses enfants étaient désormais capables de mener leur vie ; Alors soulagée, malgré son grand courage, et sa ténacité Marie-Louise s'envola doucement, rejoindre les étoiles qu'elle aimait tant.
C'était15 jours avant son 57è anniversaire, juste âprès fête des Mères, laissant sa famille accablée et désemparée.
Elle était le pilier de la maisonnée, et son départ, les laissa dans un immense et terrible chagrin : elle avait tenu jusqu'au bout ; elle avait réussi !
Son courage, sa rage de vivre pour ses enfants et son mari handicapé ont fait l’admiration de tous : Médecins, infirmières, kiné. C'était une battante, une vraie.
Elle s’appelait Marie-Louise ; ses amis et ses proches l’appelaient Malou..
Moi, je l’appelais MAMAN
signé "La Petite Dernière".
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