Maktoub

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Je lis pour apprendre, pour oublier, pour fuir. J'écris pour respirer, pour être heureux, pour partager mes joies et mes peines. Professeur de français et marin pêcheur, j'aime la poésie, la  [+]

Sa vie n'était qu'une suite d'évènements malheureux: une serie noire désolante si ce n'était cet d'enfant, cette lumiére qui éclairait son ciel noirci par la disgrâce des jours.
Un amour de petit enfant si tendre, souriant, obeissant et brillant à l'école, comme si c'etait un don du ciel pour réparer tous les torts que le sort lui a infligés.
Elle observait ce cadre poussiéreux accroché au mur, une photo de ses noces où son mari, ce soir là, la fixait dans les yeux lui promettant des jours heureux et un avenir radieux qui lui ferait oublier sa misère d'orpheline.
En effet, le jeune marié avait décroché un contrat alléchant dans les pays du Golf et décida de partir dès les premières semaines de leur mariage.
Elle avait une colère noire, elle voulait qu'il reste à ses côtès refusant encore une fois la solitude et ce bonheur hypothèqué.
Un soir, aprés une violente dispute, son mari s'était rendu au bar du coin pour oublier ses tourments. Il lui téléphona pour s'exuser et lui annoncer sa décision de rester, ne plus jamais la quitter.
Ayant abusé de l'alcool ,il était noir et titubait dans la rue . Sur le chemin du retour deux malfrats qui en voulaient à son argent surgirent , l'un d'eux lui assigna un coup mortel à l'arme blanche .
Malgré les éfforts des secouristes son âme rejoigna le ciel.

Elle endurait des nuits blanches accablée par le chagrin, à peine avait-elle ôtée
sa belle robe blanche, elle portait une autre noire cette fois-ci. À force d'avoir pleurée ses yeux étaient éteints et sa voix usèe parvenait à peine aux autres.
Patiente et obstinée, elle n'avait jamais renoncé au désespoir . Une seule idée l'obsédait: protéger son enfant, elle avait une peur inouie de le perdre. Comment faire confiance au destin aprés tout ce qu'elle avait enduré !
Pendant l'hiver, craignant les rhumes, elle lui enfilaient tellement d'habits que ses pas s'alourdissait sur le chemin de l'école. L'été , elle redoutait le soleil brûlant et le poursuivait jusqu'à la rue pour porter son chapeau et elle se faisait des idées si jamais il s'attardait à l'école.
La pauvre passait toutes ses années à faire le ménage d'une maison à une autre supportant les maladresses et les offenses pour que son fils ne manque de rien.
L'enfant grandissait et les sentiers du bonheur semblaient acceuillir cette mère envahie par la joie de voir son fils réussir son bac, elle était fiére de lui et de son oeuvre.
Le jeune homme et ses amis eurent alors l'idée d'aller fêter leur succés dans l'ile dorée à deux heures de route et y passer la nuit.
Sa mère n'aimait guére les sorties nocturnes souvent arrosées par le vin et l'alcool, c'était sa bête noire. Un sixiéme sens peut-être ou tout simplement le préssentiment d'une mère désabusée ?
Il abondonna cette idée sans regret pour la rassurer .
Le lendemain matin, alors qu'elle achetait des friandises de toute sorte pour préparer un petit déjeuner digne d'un fils prodige et si aimable, la nouvelle tomba comme la foudre: un routier bavard raconta qu'un poids lourd avait percuté la voiture des jeunes garçons et qu'ils avaient rendus leurs âmes.
C'était la panique dans le quartier. La pauvre mère pressait le pas, ses larmes coulaient,elle remercia le bon dieu puis envahie par le doute se dépechait encore plus , pourquoi était-elle si tourmentée? Elle n'avait pas entendu son bruit ce matin et profitant de son sommeil pour sortir, elle n'était pas passée voir son doux visage comme tous les matins, des idées noires hantaient son esprit. S'etait-il faufilé en douce la nuit pour rejoindre ses amis?
Elle n'en pouvait plus, la maison lui semblait si loin qu'elle voulait s'envoler implorant Dieu de trouver son fils au chaud dans son lit à l'abri de tous les dangers.

En hâte, la mère pénétra dans la chambre et s'écroula sur son lit, il était là! Elle poussa un long soupir. Elle l'appela plusieurs fois mais il demeurait sourd à ses appels. Elle bougeait son corps mais il restait immobile. Elle enlassait son corps froid de toutes ses forces, lança un cri strident et s'écroula en sanglots.
Il était mort dans son lit, c'était écrit ,c'était Maktoub.
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Jean Calbrix · il y a
Un TTC que l'on lit d'une traite tant il captive, et puis, c'est la chute terrible ! Bravo, Bolbol ! Vous avez mon vote.
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