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Mais, à quoi je pense ?

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Frédéric Hinix

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L'autre matin, je me suis réveillé en vrac. J'avais la tête dans le sac. Je m'étais levé du pied gauche. C'est pas le bon, à l'heure de l'embauche. J'ouvrais un œil sur un monde gris. Y en a certains pour qui le gris souris, mais moi, ce matin là, je ne souriais pas. J'avais dû faire un mauvais rêve, un de ceux qui perturbe le sommeil. Je posais finalement mon pied gauche sur le sol, regardant les minutes défiler sur mon radio-réveil.

Je me traînais vers la cuisine. Me préparais un petit déjeuner. Ouvra le journal du matin. Les mauvaises étaient nouvelles, tout allait bien. C'est à ce moment là que le téléphone a sonné. Faux numéro. Moi aussi, j'étais sonné. Ce matin là, je pensais que je n'avais pas tiré le bon numéro.

Cette cuisine ne ressemblait plus à rien. Dehors, il pleuvait des grosses gouttes. Le ciel était gris, lui aussi. Les nuages obscurcissaient le paysage. Dans cet épais brouillard, mes pensées n'étaient pas des plus sages.

Et voilà qu'en plus, le lait avait tourné. J'avais vraiment pas de bol. Et dans le mien, quelques céréales devaient combler mon appétit. Le grille pain avait fait son œuvre aussi... Mes tartines étaient cramoisies. De ma gueule de bois, j'étais étonné, jamais, au non jamais, cela m'était arrivé.

Il ne restait plus qu'à parvenir jusqu'à la salle de bain. Sans doute, une douche me ferait du bien. Mais cela ne suffira pas. Me regarder longuement dans la glace non plus. Ma tête faisait toujours dix kilomètres de long. La douche me procura aucun rebond. Aucun sursaut à discerner. Mes traits étaient toujours aussi longuement tirés.

Allais-je mettre de la crème à raser sur ma brosse à dent ? Non, fort heureusement ! Un sursaut arriva : j'ai pensé à toi.

Toi qui était parti depuis quelques jours seulement. A douze mille kilomètres de moi, voir tes parents. Comment vivre sans sa moitié ? En pensant à elle, avais-je trouvé. J'ai alors compté sur mes doigts, bientôt tu rentreras. Et nous pourrons de nouveau compter l'un sur l'autre. Faire de nos deux moitiés, une véritable identité.

Je n'ai vécu un matin comme celui-là qu'une seule fois, durant ton absence. Les autres ont brillé, fort de cette circonstance.


A ma moitié qui remplie ma vie.
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Geny Montel · il y a
Vous avez l'art et la manière de changer totalement de plume d'un texte à l'autre !
J'ai beaucoup apprécié vos jeux de mots et encore une fois le rythme et la chute de votre nouvelle.

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Frédéric Hinix · il y a
Merci Geny ! Cela me va droit au coeur et me pousse à écrire encore... Et toujours.