Macrofriction ( à R.J )

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Pourquoi écrire, pourquoi partager mes écrits ? Est-ce par générosité, est-ce par vanité ? Je n'ai pas encore tranché.  [+]

Je ne pensais pas partir si vite. Déjà, je me réjouissais de voir les asticots se dessécher au rude soleil. Les lézards lapider leurs vieux. Les aigles bouffer leurs petits. Je me frottais par avance les mains, je salivais en imaginant les ratons laveurs s’esbigner sur des éponges synthétiques sèches comme des perruques de maquerelles. Les Noirs mat ! Les Blancs Pat ! Les Jaunes échec et mat ! La planète tout entière allait flamboyer. Les feux d’artifice exploser tous azimuts ; les gerbes de renoncules sulfurées culbuter les sacro-saintes religions d’États lamentables.
- Votre cancer est foudroyant, dans un mois, deux tout au plus, vous serez plus raide qu’une planche à repasser.
Je pensais connaître l’agonie du Monde. Les prémices, tout au moins, du grand concert du dernier soir. Niet ! Le péritoine est atteint. Je m’éteins et le cancer du Globe est en devenir. Il développe patiemment ses métastases. Je meurs à l’orée de l’ultime guerre mondiale que l’homme va perdre contre lui-même. Le moment fatal m’atteint quand je ne souhaitais vivre que cette belle tragédie. Voir les peuples expédiés aux Enfers. Brûler sur des chardons aux piquants ardents la lie de l’Univers. Entendre la terre geindre. Les déflagrations des conflits armés opposants combattants squelettiques et androïdes de l’ouest.
Ecce homo. Voici l’homme. Ce pourri. Cette vomissure. Ce bon à rien. Chair putride. Chromosomes inutiles. Cet animal appâté par le gain. Ce dollar sur pattes. L’envahisseur ! Deux, quatre, six. Des milliards, reproduis à l’identique. Ses espaces de vie dévastés par son incurie et sa cupidité.
Ecce homo. Voici le dieu fécond. Le jouisseur céleste. Le propriétaire des lieux. Dégagez vermines, insectes, succubes, herbes apocryphes, sous-locataires des sous-sols crasseux et des cieux d’azur !
- Deux mois, c’est court pour voir la vie courir à sa perte.
L’homme est en transit, passager sans destinée sur un cargo gavé de pétrole prenant l’eau de toute part. Jusqu’à l’échouage. Nulle part.
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