Ma vie pour la sienne

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Rêveuse, dévoreuse de glace et dessinatrice à mes heures perdues, je partage avec vous mes moments de grâce  [+]

On n’est jamais totalement guérie. On ne pourra jamais effacer ce qu’il s’est passé, le faire sortir de sa tête. C’est là, quelque part dans notre cerveau. Coincé au milieu des souvenirs. Ça prend la place d’autres souvenirs qui mériteraient amplement plus de s’y trouver.

Ça resurgit, parfois. Au mauvais moment, souvent.
La seule chose qu’on puisse faire c’est apprendre à vivre avec. Et faire est un bien grand mot. Essayer tout du moins. Tenter, par-ci, par-là, se persuader, lutter. Apprendre à laisser couler ses pensées malaisantes et handicapantes. C’est une maladie incurable, qui par ses poussées soudaines et incontrôlables nous glace le sang. C’est un serpent malsain qui s’immisce sur le corps et dans le cœur. C’est un poignard planté que le cerveau s’amuse à remuer par moment.

Il en faut du temps. Des mots difficiles, des actes irréparables, des souvenirs ineffaçables. Marquée à vie par un acte ignoble, impactant la vie intime, le caractère, les angoisses, les choix. A jamais changée. Une vie pour un désir, un plaisir interdit. Une vie pour des pulsions malsaines et déconcertantes.

Ma vie contre la sienne.
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