Ma maladie

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écrire pour se vivre encore et encore, pour jouer avec ses miroirs et ses mémoires. Ecrire pour se voir dans l'autre, pour voir l'autre en soi  [+]

2.02.03 - 10H du matin, Cheville


Je reprends ma plume d'écolier. Je la reprends parce qu'entre deux brumes, deux vérités, deux états, je tente de saisir au vol, avec ma plume, le mot ou l'émotion qui me fera comprendre le moment qui passe. Comprendre, toujours comprendre. Guérir, toujours guérir... De la cassure 1, il y a vingt ans, à la cassure 2, aujourd'hui, les courroies se sont distendues puis tendues à nouveau comme pour tenter de légitimer le cycle des éternels retours. La maladie, lorsqu'elle m'a saisi en janvier 83, n'a pas pu gagner. Elle n'a pas pu gagner parce que j'ai la science de la survie. Cette science est faible, imparfaite, complètement intuitive, mais elle est forte de sa propre existence. Il faut simplement la chercher, la chercher passionnément, puis la saisir à pleines mains et en extirper les formules incantatoires magiques qui la rendent opérante. Vingt ans après, la maladie ne gagnera pas plus, pour les mêmes raisons; ma science de la survie, c'est le mot, l'écriture, le savoir-dire; c'est le relais de mes silences, qu'ils soient oraux ou qu'ils soient mentaux C'est mon fusible intérieur de secours. C'est ma main tendue vers moi-même, non pas au sens narcissique du terme mais bien au sens du voyage de mon inconscient vers mon rationnel, de mon émotion vers sa racine profonde; c'est à dire dans le sens de la lecture de ce qui se passe en moi. J'écris pour me lire à haute voix. Ne pas oublier, simplement, qu'il y a une méthode pour survivre. Il n'y a pas seulement des méthodes pour desserrer des écrous ou pour planter des choux à la mode de chez nous ou encore pour faire chier le monde. Il y a bien une (ou des) méthode(s) pour lutter contre la maladie, contre la folie, contre la mort même.
Le combat de l'écriture, c'est le combat pour rompre avec les silences qui tentent d'éteindre la bougie.
Viens, amène-toi, maladie. Que tu t'appelles décompensation physique ou grande fatigue ou dépression ou encore rendez-vous astral, viens quand même, amène-toi, j'ai encore la force de lutter. Car mon expérience de la cassure il y a déjà vingt ans m'a rendu à la fois faible et puissant. Je connais l'endroit où tu as tenté d'enfoncer un coing magistral. Je sais où ça fait mal et où ça peut craquer
Amène-toi: je vais te faire ta fête.
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