Ma dernière séance de chimio

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Le jour d’après, enfin des cheveux qui poussent ! J’ai le crâne qui gratte mais la joie est immense. Je commence à dire au revoir à mes turbans.
Le jour d’après, quel plaisir de prendre une douche ! sans manchon hermétique pour protéger mon PIC. Quel plaisir de mettre des tee-shirt manches-courtes sans percevoir le regard des autres sur le cathéter au bras.
Le jour d’après, je réalise la chance que j’ai eu d’être accompagnée à chacune de mes chimios par ma maman, mon mari, mes sœurs ou encore des amies et d’avoir eu au cours de celles-ci des échanges de qualité avec chacune de ces personnes.
Le jour d’après, je réalise que mes séances de chimios et tous les effets secondaires sont derrière moi. Je souffle ! enfin une étape de passée dans la lutte contre le cancer. Je peux enfin arrêter de compter le nombre de chimios qui me reste à faire. A contrario, je réalise aussi que ces rendez-vous hebdomadaires à l’hôpital étaient des moments joyeux malgré tout : accueil chaleureux du personnel soignant, discussions légères et blagues entre patients dans la salle d’attente, échanges profonds avec les personnes qui m’accompagnaient. C’était une parenthèse au cours de laquelle le temps s’arrêtait. Je réalise la chance que j’ai eu de faire mes séances de chimios dans ce centre spécialisé et je remercie du fond du cœur le corps médical pour leur bienveillance, leur écoute et la qualité de leurs soins.
Le jour d’après, je pense à l’après... aux résultats de recherche génétique, à l’opération que je vais subir. La peur m’envahie soudain pour la première fois depuis ce jour du 29 novembre 2017, le jour de l’annonce. J’attends avec impatience les résultats des chercheurs généticiens car de ce résultat, résulte le déroulement de l’après. Je me pose à ce moment-là, comme tout au long de cette année 2018, des milliards de questions et je pense à toute ma famille. A 36 ans, premier cancer de ma famille, j’ai peur d’être le premier cas d’une longue série. Je suis inquiète pour les gens qui m’entoure et que j’aime. Je comprends que si le résultat génétique s’avère positif une grande partie de ma famille y compris mes enfants et mes neveux/nièces devront faire des examens médicaux plus poussés pour anticiper au mieux la venue de ce maudit crabe s’il venait un jour à envahir leur corps. J’ai peur pour eux mais également pour moi. Même si je connais les prouesses de la médecine en reconstruction mammaire, j’ai peur de l’ablation. A ce moment-là, je pense à toutes ces femmes qui décident de se faire retirer la poitrine par prévention. Quel courage ! Je me persuade que ce ne sera pas une tumeur génétique et que la chimio aura suffisamment fait son travail, pour que l’on me retire juste la tumeur.
Le jour du rendez-vous préalable à l’opération avec le chirurgien je n’avais toujours pas les résultats. Quinze minutes avant ce rendez-vous, l’attente étant insoutenable, j’ai pris mon téléphone pour appeler le service de recherches génétiques. En comprenant mon désarroi et mon inquiétude, la personne au bout du fil m’a proposé de me remettre mes résultats en main propre en venant dans la salle d’attente. Encore une fois, je suis touchée par tant de bienveillance et de gentillesse.
Résultat négatif ! Quel soulagement ! Je crois même que j’en ai pleuré, la pression retombée.
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