Lycée

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Finaliste
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Image de 2018
Il fait froid ce matin. Pour la première fois de l'année, il a neigé. Le soleil se réveille lentement : l'hiver lui a fait prendre son temps de l'autre côté du globe. Je sors de la station de métro en fermant les yeux, éblouie par l'enseigne clignotante de la boulangerie. Je sais qu'en haut des escalators mon lycée se dresse fièrement, défiant les immeubles de béton. Dominant, impressionnant. Ça y est, je l'aperçois... Il est là, toujours. Cette arène rythme mon quotidien. M'oblige à rentrer tard le soir, tellement fatiguée que je m'endors sans manger. Me rend angoissée, me provoque des crises de larmes incontrôlables. Me donne mal au ventre, me ronge les ongles. Me fait devenir comme les autres, en attente. D'une approbation d'un professeur, d'une note, d'une « appréciation ».
Mais aujourd'hui, marchant dans le vent glacial, je prends conscience. Je prends conscience de la chance que j'ai de me rendre dans ce lieu magique, cet endroit dédié à l'apprentissage, accompagnée par des spécialistes, gratuitement ! Qu'est-ce qui me fait la détester ? Idée merveilleuse, utopie gâchée...
On parle de bienveillance, on nous soumet à un jugement. On prône l'égalité, on nous impose une hiérarchie. On daigne revendiquer la solidarité en nous considérant comme des adversaires ! Le but fondamental de l'école s'est évanoui, confondu dans les rapports creux de l'Education nationale. L'école va à contre-courant de ses ambitions...
En traversant la cour j'imagine ce même lieu transformé. On me prendrait en compte comme un être unique, qui nécessite un enseignement unique. Je pourrais y approfondir les sujets qui me passionnent au lieu d'être rattrapée par « le programme » ; combler mes lacunes, aidée par mes amis ; les professeurs respecteraient mes besoins et surtout mes intérêts naturels... Le soit-disant goût de l'effort serait remplacé par l'envie d'apprendre, on ne serait pas soumis à un règlement fixe, à des supérieurs, nous qui revendiquons la liberté plus qu'à tout âge !
Je souffre d'un système que je n'ai pas choisi. Soyons sincère, l'école n'a jamais rendu heureux. Ce n'est pourtant pas le but de toute vie ? J'entre dans le hall, mon estomac se contracte, la chaleur m'envahit.

Anonyme
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