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L'ultime invention

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Pierrot

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Cela fait longtemps qu'il ‘bricole’... mon époux. Il en a réparé et construites des choses dans son petit atelier aménagé dans une pièce de la maison. Certains de ses montages ne sont là que pour « voir si ça marche... » comme il nous dit. Puis, un jour, lui est venue l'envie un peu obsessionnelle de construire un local indépendant de la maison pour fabriquer ‘un truc’ qui va prendre un peu de place. Quand on lui pose des questions, « C'est une idée comme çà !... à affiner... » nous répond-t-il.
J'ai beau visiter en son absence son atelier qui est d'ailleurs ouvert à tous, rien de ce que je vois ne me permet de deviner ses intentions. Ce sont surtout des bouquins et des feuilles couvertes de notes et de dessins – pour moi indéchiffrables – qui encombrent son établi. Mais bon ! Le coup de la réalisation mystérieuse, ce n'est pas la première fois qu'il nous le fait. Par contre un nouvel atelier ... Il en parle d'ailleurs de plus en plus souvent :

« J'aurais plus de place... – Je ne vous embêterai plus avec le bruit que je fais... ».

Et puis, il en établit quelques croquis dont il me parle. Finalement il me les soumet et en guise de cadeau d'anniversaire nous tombons d'accord sur le projet qui en fait n'est pas si extravagant : c'est un hangar de la taille d'un gros garage avec une grande porte incrustée d'une plus petite qu'il veut réaliser.

« Pas besoin de fenêtre ; ce n'est pas nécessaire ».

Ah bon ! Le nouveau local prend rapidement forme. Il ne faut pas longtemps pour approvisionner les matériaux et la construction est rapidement menée. Manifestement tout était préparé. Lorsque c'est terminé, une petite fête d'inauguration est organisée entre nous et dès le lendemain, il déménage tout son matériel de la maison vers son nouvel ‘antre’. C'est ainsi que les filles ont baptisé son nouveau local. Celui là, il est fermé à clef :

« on ne sait jamais... Les rôdeurs... ».

Au début, nous ne remarquons rien de particulier, puis imperceptiblement, il y passe de plus en plus de temps. De temps à autre, un colis de matériel arrive qu'il s'empresse d'aller déposer là-bas. Pourquoi pas ? Il n'en arrive d'ailleurs guère plus qu'avant, jusqu'au jour où est livré quelque chose de vraiment plus gros lors de l'une de nos absences. C'est la taille de l'emballage qui est encore là, sur la pelouse, lorsque nous rentrons qui nous intrigue.

« Ne vous inquiétez pas ! C'est une surprise, pour bientôt... »

Le temps passe, nos questions obtiennent toujours des réponses évasives, mais quelquefois il semble préoccupé. Il lui arrive d'en sortir très tard le soir de son atelier, parfois même un peu euphorique :

« Ça a bien avancé aujourd'hui ! Encore quelques jours... ».

Finalement, la vie familiale n'en étant pas perturbée, on s'y habitue, en se disant que ça ne durera pas ; quelques mois passent et un beau jour, en milieu de matinée, alors qu'il est, une fois de plus, dans son ‘antre’, un grondement... sourd ; un léger tremblement... Étrange ! Mais pas plus alarmant que ça ; un avion peut-être...
C'est vers midi, alors que nous ne le voyons pas rentrer comme à son habitude qu'un doute m'assaille. Là, je fais le rapprochement avec le bruit de ce matin et je m'affole. Je me précipite alors vers son atelier et appuie sur la poignée de la porte, m'attendant à ce qu'elle soit fermée comme il nous y avait habituées... mais non ! Le battant tourne. Une forte odeur genre ozone me prend aux narines. Les filles qui m'ont vues me précipiter arrivent et la porte cette fois entièrement ouverte, nous découvrons... Rien !
Un peu partout, ça a chauffé, il y a des traces de brûlures, quelques fumerolles et on a l'impression qu'un ouragan est passé par là ; mais il n'y a personne... La surprise est de taille... nous ne comprenons pas ; ou plutôt, nous refusons de comprendre... nous sommes là abasourdies... lorsque je remarque fixée côté intérieur de la porte une plaque transparente, un peu abîmée et derrière laquelle se trouve une feuille de papier encadrée de rouge :

« La porte vers les étoiles, la cinquième et les autres dimensions, on en parle un peu partout, mais moi, je l'ai fait ! Si vous lisez ceci, c'est que ça aura fonctionné. Pardonnez moi... je vous aime ! ».

PRIX

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Jean Calbrix · il y a
Un nouveau coup de l'espace temps dans lequel on disparait, peut-être ? Ou alors, c'est plus prosaïquement un coup de bluff pour aller rejoindre une copine ! Bravo, Pierrot ! +5
Je vous invite à lire mon spectacle nocturne si vous avez un peu de temps : https://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/spectacle-nocture
Bonne journée à vous !

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Christopher GIL · il y a
Pas mal le coup de "je m'en vais dans une autre dimension, salut les jeunes !" Mes voix!
Venez me lire si ça vous tente :)

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Philshycat · il y a
Original !
En lice pour le prix Isère :https://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/rimes-en-al

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Ginette Vijaya · il y a
Le rêve de tous les temps : partir pour atteindre les étoiles !
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Joëlle Brethes · il y a
Une (mauvaise) surprise de taille ! Quel vilain cachottier !
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Isabelle Lambin · il y a
Il n'est pas prêt de rentrer à la maison !
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Chantal Sourire · il y a
Sacré mari, je vote et vous invite à me lire, merci !
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Patrick Peronne · il y a
H.G Wells revisité.
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