Le déménagement

il y a
2 min
69
lectures
17

JCJR parce que ce sont mes initiales. Mon stylo court sur le papier,ayant parfois une vie propre et je ne sais pas toujours où il peut m'emmener...bonne lecture. Jean-Claude.  [+]

Déménager, pour autre chose, changer de cadre, de lieu, de voisins, de quartier, que de mouvement dans cette nouveauté ! Ré-agencer les choses, les réorganiser, se réinstaller, décorer, imaginer, prévoir, découvrir, réinvestir. Mais au-delà de toutes ces sensations très porteuses, il y a toujours un moment, où il faut se plier à la réalité, dans laquelle bien cachés derrière nos idées, se trouvent les cartons. Donc, armée de courage, scotch large et ciseaux en main, vous vous préparez à ce grandissime inventaire. Un peu comme pour les habits, aux changements de saison. Il y a ceux que vous rangez et ceux que vous sortez. Le problème n’est pas là, mais plutôt au niveau des autres, à savoir ceux qui ne vous vont plus ou qui ne vous plaisent plus. C’est donc un choix délicat, qui correspond à ce que vous allez trier. Et si votre nouvelle structure s’habille d’un manque de place, cela peut devenir cornélien et glisser du clair-obscur dans vos pensées. Mais commençons par le plus simple : la chambre. Un lit est un lit et y trouvera toujours sa place, ainsi qu’un chevet, une lampe et une armoire, si vous n’avez pas de placard. Mais surtout, c’est ce qui se trouve dedans, qui nous intéresse et là les choses commencent à se gâter. Parce que ça je garde, ça je garde, ça c’est trop moche, je jette, ça ne me va plus, je jette aussi - oui mais, si je perds quelques kilos, elle m’allait si bien et j’ai tellement fait de choses avec...Dilemme, que faire – allez, je la mets de côté, on verra. Si bien que vous vous retrouvez avec trois cartons, un pour garder, un pour jeter et un pour lequel vous ne vous êtes pas décidée, c’est le carton des souvenirs. Vous savez, ces petites choses, issues de votre passé, pleines de sensations, qui vous chatouillent l’estomac et ressurgissent à la moindre sollicitation. Il y a bien une solution, qui est de l’emporter, mais il risque de prendre une place, que vous n’avez peut-être pas ou de finir oublié dans un coin. Alors vous y revenez encore et encore, au gré de ce passé. Ce chemisier, qui vous rappelle cette soirée et ce baiser langoureux, cette écharpe de soie, encore imprégnée de cet ancien parfum, qui faisait chavirer les hommes, ce pantalon au bas flottant, légèrement pat d’ef, et dont le mouvement soulignait le rythme de votre démarche, ce pull si chaleureux, cette veste si cintrée... Et là, nous n’en sommes qu’aux vêtements, alors imaginez quand on en arrive aux chaussures ! Il y a de quoi s’asseoir de désarroi, écartelée entre la pression des souvenirs et le désir de nouveauté. Le désespoir rôde, mais vous en avez vu d’autres et finissez par vous décider, non pas de les jeter, ce qui serait un crime, mais de les donner, abandonnant ainsi une partie de votre âme. Et que dire des souvenirs de famille, hautement chargés d’affectif, qui se promènent sur une étagère, à l’ombre des livres, sur le coin d’un bureau ou accroché au mur. Ils sont le support de notre identité, que va-t-on devenir à ne pas tous les emporter ? Une photo, une lettre, un objet et tous ces petits riens, qui construisent une vie. Mais tout finit par se faire et vous pouvez enfin sortir en laissant entrouverte la porte du passé, pour ouvrir en grand celle de l’avenir.
17

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,