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— Qu’on m’apporte sa tête !
— Ne vous inquiétez pas, Sire, vos meilleurs hommes sont lancés à sa poursuite, et leurs limiers ont l’odorat si fin qu’ils débusqueraient jusqu’au moindre gibier ! Cette... cette... chose... ne s’en sortira pas ! répondit Alistair.
Le visage du Roi Crown fût prompt à cette réponse : ses yeux se révulsèrent et manquèrent de jaillir de leurs orbites, quand, joignant le geste à la parole il saisit son Conseil par les épaules et se mit à le secouer frénétiquement.
– Des limiers... Crois-tu qu’il s’agit pas d’une chasse au faisan ? ! Je te dis que c’est lui ! C’est encore lui ! C’est l’Agresseur ! Trois fois ! Trois fois qu’il essaie d’attenter à la vie de sa majesté la Reine ! Dois-je comprendre que tu es incapable d’assurer notre sécurité ?? Alistair !
– Sire, je vous assure que nous avons fait tout ce que vous avez ordonné : nous avons doublé la garde, organisé des rondes sur les murailles du donjon, et il y a même des faucons nocturnes qui sillonnent les alentours de la loge royale, je vous assure que nous avions entièrement bouclé toute la citadelle.
De plus j’ai envoyé Melf notre Pyromancien royal, sur l’aile ouest de la forêt ? Ainsi, même s’il lui prenait l’envie de couper par les bois, autant dire que l’agresseur n’a absolument aucune chance de s’enfuir.
– Alors comment un homme est-il parvenu à se faufiler jusqu’au cœur de la chambre royale ? Peux-tu me l’expliquer, mon cher « Va-let » ?
Un silence s’ensuivit, alors que l’écho de la lourde voix du Roi finissait de résonner contre les murs de la grande salle. Alistair savait pertinemment que lorsque le Roi Crown utilisait le titre honorifique de « Valet » en accentuant bien chaque syllabe ce n’était ni pour être plaisant, ni agréable...
– Je ne vois qu’une seule explication, mon Roi. Puisqu’il est impossible de pénétrer de l’extérieur, un complice aura probablement aidé ce vaurien à passer. Il faut envisager cette option Messire, nous avons peut-être un traître dans nos rangs.
– La Reine était seule dans ses appartements lorsque cette vermine s’est montrée. Sous-entendrais-tu que c’est mon épouse qui lui aurait volontairement ouvert ?
Alistair laissa passer quelques instants avec une mine impassible, puis fît la tête du crime de lèse-majesté avant de répondre :
– Jamais je n’ai pensé cela, mon Roi. D’autant plus que c’est la Reine elle-même qui a donné l’alerte. Et je n’oublie pas qu’elle a été blessée, meurtrie jusque dans sa chair... Quel acte infâme... Mais...Mais peut-être qu’une simple servante ou un domestique aura simplement accepté quelques pièces d’or contre l’oubli de verrouiller une clenche ou une mansarde ?
– Encore mieux, des traîtres maintenant ! Interroge tout le monde ! Mène ton enquête, je veux le fin mot de cette histoire...
Crown marqua une pause.
« Est-ce que c’est vrai, ces rumeurs qu’on raconte sur lui ? »
— Mais il n’y a pas de rumeurs, je ne vois pas ce que...
— Il suffit ! Je suis peut-être vieux, mais pas sourd, Alistair.
Crois-tu que je n’entends pas les gens autour de moi ? Crois-tu vraiment que je ne les vois pas qui se cachent et masquent leurs bouches pour persifler encore et toujours le même mot ? Sorcier... Sorcier...
Et toi ? Toi aussi, c’est aussi ce que tu penses ? qu’il s’agit d’un sorcier d’Halruaa ?
Les demoiselles de sa majesté Klédia ont toutes les deux juré avoir vu des volutes de magie morphique envelopper ce vaurien. L’une d’elle raconte a qui veut l’entendre qu’il se serait transformé en aigle !
— Non ! Non ! Bien sûr que non ! Enfin... majesté... vous savez comment sont les gens du peuple, ils aiment transformer et amplifier la moindre anecdote pour y voir le diable ou de la sorcellerie... Comme je vous le disais, l’explication la plus logique serait qu’un gredin ait profité d’une complicité pour s’introduire...
Crown se retourna et n’écouta même pas la fin de sa phrase
– Je dois retourner auprès de ma reine alors qu’on ne me dérange surtout pas.
– Bien, Sire. J’ai pris l’initiative de mander en toute urgence l’intervention de Mestre Messian.
Il doit déjà être à son chevet à l’heure qu’il est.
Après la brusque montée de colère, la voix de Crown s’était enfin un peu apaisée.
— Alistair, une dernière chose. Je compte sur toi pour qu’on m’apporte le coupable, et si c’est un sorcier fais-le immédiatement exécuter et qu’on brûle aussitôt son cadavre sur le champ.
— Messire, ne pensez-vous pas qu’une capture serait préférable à une exécution sommaire ?
Nous pourrions le faire parler, et découvrir qui se cache derrière ces multiples agressions...
— Je ne veux prendre aucun risque, et ne commence pas à discuter mes ordres.
— Bien, il en sera fait ainsi, mon Roi. De toute manière, avec Melf lancé à ses trousses, il est fort probable que dans n’importe quel cas, sa dépouille finisse carbonisée...
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Raton Blagueur · il y a
La suite du récit d'Argol.

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