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Liam

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Eléa Noria

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En compétition

Suis-je dans le noir ou ai-je les yeux fermés ? Peut-être les deux. Il fait froid, et sous moi le sol est humide, glacial. Des gouttes ruissellent, clapotent. J’ai beau ouvrir grand les yeux, l’obscurité demeure complète. Impossible de discerner ne serait-ce que ma main, pourtant posée près de mon visage. Je me redresse précautionneusement, avec cette incertitude propre à ceux qui sont à ce point perdus que même la perception de leur corps en est brouillée. Une goutte gelée atterrit sur ma nuque et glisse le long de mon cou, déclenchant un frisson. Tout est silencieux, pas un bruit, mis à part les clapotis.
Passant à quatre pattes, je me décide à explorer les alentours. Le sol est rugueux, je sens déjà la peau de mes genoux s’écorcher, mes mains s’entailler. Je ne me souviens pas de grand-chose. Mon cerveau est comme embrumé, une douleur lancinante me percute le crâne, martelant mes souvenirs comme des clous. Je me souviendrai plus tard. Pour l’instant, je dois retrouver la lumière.
Tâtant au fur et à mesure le sol inégal et glacé, j’avance petit à petit. Lentement. Et puis, enfin, un changement de texture. Le sol se fait boue, ou texture malléable dans laquelle mes mains s’engluent et mes coudes s’enfoncent sans rencontrer d’obstacle. Il ne s’en dégage aucune odeur, mais la texture semble trop profonde pour que je puisse continuer à genoux. Poussant un soupir, je m’accroupis et essaye de me réchauffer.
- Toi aussi, tu as atterri ici ?
Je sursaute violemment. Une voix rauque, proche, bien trop proche pour que je ne puisse sentir préalablement sa présence, a surgi.
- Qui êtes-vous ? Où êtes-vous ?
La panique m’envahit alors que je tente de sonder encore une fois, vainement, l’écran noir qui m’entoure. Je brasse l’air autour de moi, à la recherche du détenteur de la voix, qui se fait muet. J’ai envie de m’enfuir, de disparaître. Et ce marteau, toujours, cette douleur lancinante qui résonne dans ma boîte crânienne...

J’ai dû m’assoupir. Ma joue, humide et marquée par les reliefs du sol, est sensible. Je suis encore engourdi, et frissonnant. L’humidité et le froid me pénètrent bien plus efficacement que lors de mon premier réveil. Transi, je me roule en boule. Un souffle frais me caresse alors la nuque.
- Tu es donc aussi lâche que tu sembles l’être ?
Je me redresse brusquement. Encore cette voix, grave et granuleuse. Je claque violemment ma main contre le sol. Il aurait dû être là. Il est physiquement impossible de se déplacer en aussi peu de temps, sans mouvement et sans aucun bruit. Le sang de ma paume vient s’incruster sous mes ongles alors que je sers le poing.
- Lâche ?! Venant de la part de quelqu’un qui s’amuse à terroriser un inconnu dans une... une grotte, je trouve ça un peu osé !
Je suis en colère, frustré, et mon incompréhension de la situation commence à me peser sérieusement. J’ai froid, faim, et la perte d’un des sens les plus indispensables à l’être humain me rend confus.
- Tu as donc tout oublié ?
La voix me semble plus lointaine. Le marteau se fait plus insistant, plus bruyant et percutant, et la douleur est telle que j’agrippe mes tempes, crispé. Le contact de mes mains glacées atténue légèrement le martèlement. Je souffle, inspire, expire...
- Tu es un meurtrier.
Tout devient subitement blanc, terriblement aveuglant, et mon cerveau explose.

Je m’appelle Liam. J’ai grandi dans une famille banale, où l’amour n’avait pas vraiment sa place, pas plus que les vacances à la plage ou l’esprit de fraternité. J’ai suivi le chemin de mon frère : collège et lycée passables, sans aucun désir de poursuivre d’avantage mes études. J’ai commencé à enchaîner les petits boulots, caissier, homme à tout faire, agent de maintenance. Il fallait que mes mains servent, produisent, agissent. Cette vie semblait me convenir.
A l’âge de vingt-trois ans, grâce à mes économies, j’ai pu quitter le logis familial pour m’installer dans une petite location. J’y habiterai durant huit ans. Je vivais simplement, sans accroche, sans lien. Je ne retournais voir ma famille que par obligation. Je n’avais pas de copine, pas de loisirs, pas vraiment d’amis. Je travaillais, mangeais, respirais. Je devins habile de mes mains, était rappelé par certaines entreprises avec lesquelles j’avais travaillé, pour des interventions, des contrats de courte durée. J’arrivais toujours à payer mon loyer. Cette vie semblait me convenir.
Un soir, alors que je rentrais d’un chantier, poussiéreux et en sueur, une personne me percuta. Je ne regardais pas vraiment non plus où je marchais, bredouillais des excuses, continuant mon chemin. Mais je ne pus faire que quelques pas ; une douleur fulgurante traversa mon flanc gauche et me fis basculer en avant. Je me réceptionnai difficilement sur les mains, basculai sur le côté. Je vis ses chaussures s’éloigner, tandis que le couteau qu’il avait planté jusqu’à la garde dans mes entrailles libérait mon sang, libérait mon ignorance, délivrait mon esprit. Cette vie ne me convenait pas.

- Tu t’en souviens.
Retour brutal dans le noir et le froid.
- Je ne regrette rien. Rien de ce que j’ai fait. Toutes ces personnes que j’ai tuées le méritait. Aussi bien la concierge qui volait chez les habitants partis en vacances que la gamine qui persécutait son petit frère sur le chemin du retour d’école. Le petit disait qu’il était tombé dans la cour de récréation. Chaque jour, le même refrain, sans qu’aucune fois ses parents ne se questionnent. J’aurais dû les tuer, eux aussi...
- Et lui ? Celui que tu as laissé pour mort sur le trottoir, celui que tu as bousculé et qui s’est écroulé ? Qu’avait-il fait pour mériter cela ?
- Il gênait. Il déambulait tel un fantôme sur Terre. Il n’avait rien à faire là. Il serait mort rapidement, même si je n’avais pas été là à ce moment-là.
Il y eut un silence, ponctué de clapotis, et puis :
- Petit être méprisable.
Une flamme jaillit de l’obscurité, m’aveuglant momentanément. Je découvre peu à peu mon environnement. Je suis bien dans une sorte de grotte, aux parois découpées et saillantes, suintantes. Une mare de boue, à quelques mètres de moi, sur ma droite, semble infinie. Et devant, la flamme rougeoyant dans la paume de sa main, il y a un homme. Ou plutôt, les restes d’un homme. Son teint est blanchâtre, tirant sur le gris. Ses yeux sont fortement cernés, ses pupilles sont cerclées de noir. Il n’a plus de couleur, il est terne, parait impalpable, inatteignable. Il me fait peur.
- Qui es-tu ?
Ma voix tremble, mon cœur tressaute et je sens une bouffée de chaleur m’envahir et me faire suer. Sur son visage à lui, un rictus mauvais se dessine. Il est hautain, me regarde comme un rien, et avance d’un pas.
- Tu ne me reconnais donc même pas ? Je suis cet homme mort sur le trottoir, un samedi soir. Je suis Liam, l’homme assassiné sur les quais alors qu’il rentrait de sa journée de travail. Mais c’est vrai, ça, tu l’ignorais. Je suis mort, et sur ce trottoir esseulé, ma vie a redémarré. J’ai observé mon corps et renié l’existence que j’avais menée jusque-là. Je me suis mis au service Mortel. J’ai grimpé les échelons, ai trimé comme jamais, jusqu’à atteindre le poste de Haut Décisionnaire. Ce que je suis, actuellement. Je suis celui qui décidera de la fin de ta vie et du début de ta mort. Car tu es en train de mourir, et c’est dans cette chambre mortuaire que ton sort sera scellé, par mes soins.
La sueur ruisselle sur mon corps ankylosé. La flamme de Liam s’anime soudainement, l’atmosphère se réchauffe rapidement et bientôt, l’air se raréfie, j’étouffe.
- Tu étais persuadé de faire le bien, et tu m’as tué. Ton âme ne mérite aucune rédemption, aucun répit. Disparais.
Liam s’illumine, laisse la flamme l’englober, le sublimer. Il se cristallise, se fragmente. Liam devient particule aérienne, légère, souple, tandis que le meurtrier, consumé, rejoint la pierre, se fond dans ce décor tailladé. Une nouvelle rugosité se créé et la chambre mortuaire retrouve peu à peu son obscurité, sa sérénité. La boucle est bouclée.

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Rachel Weintraub · il y a
Une très belle écriture que je continue de découvrir Eléa ! Simple et fine, le mot juste pour la sensation recherchée, j’apprécie 😊. Tu retranscris magnifiquement l’environnement tactile et auditif dans lequel ton personnage est immergé, et l’on se représente sans effort la scène.

Concernant l’intrigue, c’est intéressant de voir comment ce personnage se retrouve puni par la vengeance d’une de ses victimes. On y réfléchira à deux fois avant de commettre l’irréparable ! Cette rapide explication d’une hiérarchie dans le monde d’en bas, corporate sur les bords, j’aurais bien aimé en savoir plus !
Un peu comme Daënor et Aurélien, j’ai un eu confondu les personnages jusqu’à l’explication finale. En partie à cause du titre : je suis partie du principe que Liam était le narrateur (ou bien un être proche). Je n’ai que survolé les commentaires de ces deux compères, il y aura peut-être des redites.

Concernant le narrateur, j’ai d’abord compati à sa situation à cause de sa déperdition sensorielle. Compassion renouvelée quand tu livres son histoire, son nom, sa mort gratuite. Et puis boum patatras, Liam est la victime, le premier narrateur est le tueur ! Je pense que le titre et la narration à la première personne mènent sur la mauvaise piste. Alors c’est peut-être voulu pour créer la surprise à la fin de ce court paragraphe retraçant la vie de Liam, peut-être pour mener un peu plus loin le lecteur que le premier narrateur est une victime, mais cela reste assez étrange dans la construction globale du récit.

Alors je pose peut-être les mauvaises questions, mais je me demande pourquoi on place la narration principalement derrière ce « méchant » inconscient du mal qu’il provoque (d’ailleurs, est-il réellement inconscient de cela ?). Il n’est pas question de repentir puisque l’on ne perçoit beaucoup des sentiments du tueur, rien que de la peur. On n’intercepte pas de bribes de pensée, de remise en question de ce qu’il a pu faire, il meurt bien vite. Cette exécution ne semble pas réellement porter de morale (d’autant plus que la loi du talion mène rarement à du positif). On ne laisse pas au personnage une réelle occasion de changer de position parce que l’action se passe très rapidement.
Et puis, je n’arrive pas trop à cerner ce tueur. Il ressemble à un Dexter, un justicier extrême, qui tue de sang-froid sans aucun plaisir. Comme poussé par une nécessité qui le dépasse. Mais alors pourquoi avoir tué Liam sous prétexte qu’il gênait sur ce trottoir ? Ça ne rentre plus dans la même logique.
Ou alors, le tueur est un grand psychotique aux irrépressibles pulsions assassines. Mais alors, si ses meurtres tiennent de la maladie mentale, le châtiment qui lui est réservé n’est pas plus satisfaisant pour mon âme de lectrice 😉.


Liam, pour parler de lui, meurt tellement vite que ça ne m’a pas plus touchée que ça. Lorsqu’il explique le long cheminement qu’il a pu faire dans cet Enfer que tu décris, on comprend que l’avortement de sa vie lui est restée en travers de la gorge. Mais qui trimerait aussi longtemps pour une exécution aussi rapide ? Et la torture dans tout ça ? Mais d’ailleurs, Liam va le rejoindre dans les Enfers où existe-t-il un cloisonnement entre bien et mal dans cet inframonde ?

Et au final, j’en sors un peu frustrée, de ne plus pouvoir éprouver de l’empathie avec ce tueur, de ne pas en éprouver pour Liam dont on n’a perçu que peu de sensations, de pensées. Et cette fin, qui quitte soudainement le point de vue interne pour décrire la scène finale finit de transformer le lecteur en observateur externe, un peu à la manière d’une audience qui assisterait à la peine de mort d’un inconnu.

Allez, pour finir, je terminerai en disant que ta mise en scène me fait énormément penser à un épisode de Black Mirror, White Bear. Je ne sais pas si je spoil, mais l’amnésie, le châtiment incompris, la révélation finale, la boucle bouclée sont tous des éléments de cet épisode !

Pour résumer, je me suis posée plein plein plein de questions alors j’en profite pour tout plaquer ici ^^. Je reste consciente que le format du TTC ne permet pas forcément de s'étendre sur toutes les questions que j'ai pu soulever. J’espère que tu ne seras pas désarçonnée par la taille du pavé (un commentaire de cette taille, c'est franchement indécent xD). J’ai peut-être souligné davantage ce que j’y avais trouvé d’étonnant que de purement positif, mais je tiens à le répéter j’ai trouvé ton texte agréable à lire parce que tu fais une utilisation bien dosée des mots, on se représente l'univers sensoriel instantanément. Les émotions de tes personnages aussi transparaissent sans effort mental supplémentaire !

Au plaisir de continuer à te lire !

Rachel 😊

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Eléa Noria · il y a
Bonjour Rachel ! J'avoue que là c'est de loin le plus grand commentaire que j'ai reçu depuis mon début sur Short xD Mais ça fait très plaisir, même si forcément ça me mets face à face aux nombreux défauts de mon texte.

Concernant le narrateur, je voulais créer une effet de chute, je ne suis pas très expérimentée dans ce domaine et vus les commentaires de confusion j'en déduis que pour une première ce n'était pas vraiment une réussite x) Mais quelque part, la confusion est le départ vers ce genre de rebondissements !

J'avais envie de créer un personnage vraiment sombre, sans aucun repentir justement. Un personnage auquel on pouvait potentiellement s'attacher au début, mais dont on se rend compte ensuite qu'il n'est que noirceur. Il se voulait justicier, mais le meurtre de Liam le rend justement incohérent et tout simplement meurtrier dans son essence même.

Je n'avais effectivement pas trop pensé au côté torture et accomplissement de sa vengeance. J'ai construis Liam comme un garçon taciturne, sans attache, sans grands sentiments ; je peux justifier dans ce sens là que même la vengeance est pour lui une sensation tiède, un devoir qu'il se doit de respecter envers lui-même, mais qui ne lui procure pas tellement plus de vie que quand il était justement encore vivant. Si j'avais eu plus de caractères, j'aurais, je pense, beaucoup mieux peaufiné cette scène de vengeance... Quand à son devenir, ça reste ouvert à l'imagination du lecteur ! ;)

Ahaha désolée pour la frustration ! Et pour le coup, bien qu'ayant entendu parler de Black Mirror, je n'en ai jamais regardé un seul épisode (j'ai toujours un peu de mal à me mettre aux évènements "trop" connus...)

En tout cas merci énormément pour ce commentaire plus que constructif ! Ca fait énormément de bien, et ça aide aussi beaucoup à ne pas refaire les mêmes erreurs :)

Au plaisir de lire un autre de tes pavés sous un autre de mes textes,
Eléa !

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Rachel Weintraub · il y a
Concernant Black Mirror, pas de frustration, t’inquiète, même si je te conseille grandement la série, dont les épisodes sont tous indépendants les uns des autres (ça porte un nom, mais ça ne me revient pas !). La série tire à l’extrême les conséquence, la plupart du temps négatives, que pourront avoir nos technologies dans un futur assez proche. Je crois que le showrunner rend son tablier pour aller faire des choses plus joyeuses xD. Une place à pourvoir 😉.

Pour revenir à tes personnages, il est clair que le format TTC est très contraignant et qu’il oblige à faire des choix :/. Il faudrait militer auprès de la ligne éditoriale pour pousser jusqu’à 10 000 signes, mais ça ferait peut-être trop à imprimer dans les bornes en gare ! Bref, une dernière question me taraude : quelle émotion souhaitais-tu arracher au lecteur avec ton texte ? La perte de tout repère en réalisant que l’on s’est attaché au « méchant » ? Le soulagement qu’une justice existe finalement ?

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Eléa Noria · il y a
Ahaha il faudra que je m'y mette alors ! J'ai quand même souvent entendu dire que ça valait le coup :)

Je pense que j'avais surtout envie de semer la confusion, et secouer les émotions en révélant qu'un personnage peut vite trahir son lectorat et révéler sa vraie nature :)

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Rachel Weintraub · il y a
Aaaah trahir le lectorat, un principe que j'aime bien mettre en application aussi ! Si un jour tu as le temps, je suis curieuse de savoir si tu te laisserais trahir par mon TTC "Juste sous vos yeux" ! ^^
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Eléa Noria · il y a
Ah oui je l'avais déjà lu il y a quelques semaines ! J'avais beaucoup aimé, je me suis vraiment laissée surprendre, c'est un texte très bien mené =)
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Aurélien Azam · il y a
J'ai mal à la tête.
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Rachel Weintraub · il y a
Gné. Venant de toi, c'est l'hôpital qui se fout de la charité !
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Fodé Camara · il y a
Bravo Éléa ! Un texte bien savourant. Vous avez mes 5 voix.
Merci de passer faire un tour chez moi et soutenir mon texte si vous avez le temps 👇👇
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El Hadji Yero Gano · il y a
Félicitation j'ai aimé je vous invite à visiter le miens également si vous avez du temps en cliquant sur ce lien https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/linquiet-isole-1
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Fleur A. · il y a
Une histoire noire très bien écrite
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Yanis Auteur · il y a
Bonjour éléao
Mes 5 voix !
Félicitation pour vous et votre texte.
Je vous invite aussi à voter mon histoire pour le concours adolescent.
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Yveson Pascal · il y a
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Daënor Sauvage · il y a
Hello Éléao Noire !

Ce texte mortel est intéressant en plusieurs points, et je vais tenter de faire court ! :)
Tout d'abord, l'ambiance claustrophobe décrite fonctionne plutôt bien, et l'angoisse du personnage principal qui s'accentue guide facilement le lecteur. D'ailleurs, le froid et les gouttes mêlées au frisson fonctionnent à merveille ! En point d'amélioration sur la première partie, je pense que tu peux travailler à détailler un petit plus le monde sensoriel du personnage : que sent-il ? A-t-il un goût dans la bouche ? A-t-il la notion de l'équilibre ? Compléter les sens va accentuer l'immersion du lecteur, et décupler sa peur. Une autre idée : si je me retrouve dans le noir complet et que je ne me souviens de rien, mon premier réflexe sera de vérifier l'état de mes yeux : fait-il noir ou suis-je aveugle ? Si ce geste peut paraître cliché, il sera à mon avis tellement naturel que cela permettra au lecteur de s'identifier plus aisément au personnage.

Le passage de découverte du personnage de Liam est bien menée : une énumération de banalité pour finir brutalement, avec une affirmation qui pose question. J'ai beaucoup aimé ! Le seul bémol que je peux trouver se trouve être dans la transition entre ce paragraphe et les autres : elle m'a prêté à confusion. J'ai cru que le premier narrateur et personnage était ce Liam. Peut-être que l'effet est-il fait exprès ?

La partie finale, attendue, est néanmoins bien narrée. On se dit que le personnage n'a que ce qu'il mériter, et "tuer pour le faire le bien" n'est surement pas la bonne solution. J'aime bien l'accentuation sur l'oubli, le fait que le meurtre était anodin pour le criminel, ça renforce l'absurdité de son acte. Comme s'il était au dessus.

Je rejoins Aurélien sur le développement de Liam, que ce soit sur son paragraphe principal ou bien la fin du récit : on a envie de savoir ce que lui octroie son titre et comment fonctionne cette chambre mortuaire.

Bon récit ! :)
Mes salutations,

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Eléa Noria · il y a
Bonjour Daënor !
Ahahaha qu'est-ce que j'aime ce genre de commentaires ! Et je vais m'empresser d'y répondre :
- Pour la première partie, j'aurais bien voulu détailler un peu plus le monde sensoriel mais pour le coup, comme quasiment à chaque fois, le nombre de caractères m'a restreint... et je n'avais pas envie de substituer d'autres éléments, donc j'ai fait au mieux de ce que je pouvais pour que ça reste identifiable !
- Pour la deuxième partie, cet effet est totalement voulu ! Je ne me suis jamais trop exercée à créer une "chute" et j'avais envie de m'y essayer un peu. Le rendu est sûrement un peu perturbant, mais le fait qu'on confonde Liam et le meurtrier est totalement voulu :)
- J'ai adoré créer ce personnage ambigu mais nécessairement mauvais, et je suis très contente que le rendu fasse effet =)

Heureuse d'avoir piquée votre curiosité à tous les deux ! C'est la petite part de mystère qui est laissée libre à l'interprétation, ou qui pourra être l'objet d'une autre nouvelle :3

A bientôt !

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Aurélien Azam · il y a
J'ai eu la même sensation que toi en première lecture : les deux personnages se sont confondus en un seul. À mon avis, c'est à cause de la première partie trop floue : les personnages ne s'ancrent pas d'emblée dans l'esprit du lecteur.
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Ozias Eleke · il y a
Beau texte. Tu as ma voix et je t'invite à voter pour moi suivant ce lien https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/homme-tas-le-bonjour-dalfred
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Aurélien Azam · il y a
Plaisant à lire, même si la première partie dans le noir est un peu floue à mon goût, mais comme le thème l'impose un peu je comprends ton choix. De bonnes descriptions sensitives, le personnage de Liam est intéressant, tu aurais même pu d'avantage l'étoffer. :)
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Eléa Noria · il y a
Merci =)
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Oka N'guessan · il y a
J'adore bravo ,belle plume +2 voix je vous invite a aller voter pour moi aussi https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/la-lumiere-10

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