L'HIVER AU JARDIN DES FEES

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Etre poète ! Je le demande souvent ce que cela veux dire... Quand cette grâce vous touche, à bien y réfléchir,ce doit être étonnant, dévorant, enivrant. Etre poète... c'est quelque chose qui  [+]

De toute la force de ses portes et fenêtres, la maison est fermée aux vents gémissants. Les nuages bousculés, sentent leur chair s’étirer et se déchirer douloureusement.

Il pleut au jardin des fées. Seuls quelques chats s’aventurent dans les hautes herbes de cette fin d’automne. La pluie a perdu ses eaux tout au long de la nuit, et rempli le ventre de la terre assoiffée. Mettre patte au sec relève de l’exploit. Seuls les plus malins s’en tirent sans dommage. Les moins futés en sont quitte pour une grande toilette d’hiver, à la chaleur des flammes dansantes dans la cheminée.

Les oiseaux, volages par nature, sont partis visiter des cieux plus cléments. Le zon-zon des abeilles n’est plus. Les papillons ont perdu leur robe de pollen doré, et se sont endormis, confiant à la nature le soin de veiller sur leur progéniture. La source se tait. Le cristal du bassin argenté, éblouissant aux beaux jours de l’été, n’est plus que mare outragée par les feuilles du vieux chêne. Tombées aux premières tempêtes d’automne, elles se décomposent en minuscules particules, nuage verdâtre et malodorant, refuge de larves d’insectes, dont l’éclosion précoce offrira un repas de choix aux libellules affamées.

Les dernières noix sont logées dans une enveloppe noire et ridée. L’écureuil, comme toujours, affairé et effaré, récolte ses dernières noisettes. Ce rongeur charmant, à l’œil vif, n’a nulle mémoire. Il a déjà oublié ses premières cachettes. Aux jours mauvais, il pillera celles de ses congénères. qui pilleront les siennes La solidarité emprunte parfois des chemins détournés.

Le jardin s’ennuie et pleure ses amies. Plus de chants aux soirs de pleine lune, plus de poète gourmand dans les framboisiers. Les fées, fragiles, ont fermé la porte à leurs amours humaines. Leur frivolité s’accommode mal de la frilosité hivernale.. Emportant en souvenir quelques pétales de roses ou de rouges coquelicots froissés, elles ont laissé, pour leurs amis, des souvenirs légers et aériens. Une toile d’araignée finement tissée, un filet à papillons, une minuscule barrette à cheveux, tous décorés de quelques grains de poussière d’étoile...

Le cœur des hommes cherche en vain les raisons de sa mélancolie. Au Pays Bleu, derrière les nuages, les lacs sombres et les vallées profondes, le « Petit Peuple aux oreilles pointues » somnole, veillé par les elfes blancs.

Il attend les premiers signes du printemps.
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