L'heure de la vengeance

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Scénariste et écrivain né en 1976 à Trappes, Boël Souleymane bascule dans le monde littéraire après un long passé dans le milieu associatif, où il œuvre pour le développement éducatif et  [+]

Le 20 juillet 2018 22H16 Parking du bar : «  le LOUNGE »
748 Boulevard Mali Bero, Niamey.
Un homme éméché venait de sortir du bar il tituba dans l'obscurité du parking avant de rejoindre son véhicule une jeep compass grise:
Akil reconnu l’homme qui l’attendait pour lui par le moindre d’un doute c'était le même que sur la photo qu’Hajara lui avait présentée.
Dès sa sortie il alerta Alberto de se tenir prêt:

-« Regarde ! Ça y'est-il vient de sortir.
Mets ton masque et tiens-toi prêt... »

À seulement quelques mètres Akil et Alberto attendaient dans une Chrysler 300 noirs ils n’ont mis que quelques secondes pour recouvrir leurs visages par des masques de guerriers africains qu’ils ont achetés à koira-tegui.
La musique du bar étouffa l’ouverture de leurs portières lorsqu’ils sortirent pour s’approcher de lui en silence.
Dans la pénombre les deux jeunes avancèrent à pas de loup pendant que la tension ne faisait que monter parcimonieusement dégager par des doses adrénalines que l’obscurité pouvait livrer au compte goute.
Arrivé juste derrière lui un saurien passa entre les jambes d’Alberto au moment où le type venait d’introduire sa clef dans la serrure de son véhicule pour ouvrir sa portière.
Un peu après avoir entendu le bruit l’homme sursauta et se retourna en criant effrayé à la vue des masques avant de prendre un violent coup de crosse d’un magnum Ruger avant de s’effondrer au sol.
Au loin le tapage des enceintes du bar faisant cracher de la musique afro de: « Yemi Alade » avait totalement couvert le cri d’effroi du type et le bruit de la chute de ses quatre-vingt-dix kilos sur un sol d’une terre sableuse avant qu’il soit balancé sans ménagement au fond du coffre de la Chrisler 300.
Akill alluma la radio il y avait un son de : « Tiwa savage » qui l’incita à rouler comme un taré il continua pendant une bonne demi-heure le long des berges du fleuve Niger en empruntant des petites routes pleines de bosses au point qu’ils commencèrent à entendre le corps du directeur tressauté en tapant sur le coffre:

-« Ca y’est ce gros porc vient de se réveiller »

-« Pourquoi tu ne lui as pas pris son téléphone ?
Si ça se trouve il est en train d’appeler quelqu’un. »

« T’inquiètes ca on va vite le savoir. »

Akil gara la voiture dans un coin sombre et abandonné face au lac.
Il sorti de la voiture pour ouvrir le coffre en pointant son flingue sur la tempe de Yermat le visage dégoulinant de sueur.

-« Qu’est-ce que vous voulez de l’argent? Qui êtes-vous ? »

-«Non Yarmat il y a des choses que l’argent ne peut pas acheter.
Nous sommes des gens simples qui voulons des réponses précises au sujet de la mort d’un père de famille qui a pris 34 balles d’Ak 47 le 9 septembre 2003 sur le parking de l’hôtel : « Bravia » à l’époque où tu étais le directeur de cet hôtel.
Aucune vidéos surveillance a été remis à la police pour un hôtel cinq étoile ça te surprend pas un peu ?

Moustapha Djidjeli ça te dis quelque chose ? »

-«Oui absolument.
C’est moi même qui lui avait proposé de venir faire une conférence pour présenter son ouvrage. Sa mort fut l’un des évènements le plus triste de ma carrière. »

-«D’accord...
Et le jour de son enterrement ou est-ce que tu trouvais ?
Dans le même bar à pute ou on est venu te chercher ?
Donne-moi ton téléphone avec son code pour le déverrouiller. »

Akill déverrouilla le téléphone et scruta ses texto uns par uns la plupart étaient des hommes d’affaires qui lui avaient commandé des prostitués pour la semaine prochaine à son hôtel.Il continua de regarder en constatant qu’il venait d’appeler un certains Bob Lesart à 22h 38.
Il n’a pas répondu alors il lui a envoyé un texto:

-«Bob c’est la merde.
Je viens de me faire enlever par des hommes je ne sais pas qui ils sont ? Et ce qu’ils veulent ? Mais Je savais que de travailler avec des mercenaires allait me ramener un jour des emmerdes. »

Akill montra le texto à Alberto et s’adressa à Yarmat :

-«Tu vois Yarmat lorsqu’on fait du sale dans sa vie ont fini toujours par laisser des traces. Tu as une minute pour me donner les noms de ceux qui ont buté mon père. »

-« Si je te le dis ils me tueront....»

« Si tu préfères mourir un peu plus tôt c’est toi que ça regarde.
Il te reste 40 secondes avant de finir en gueuleton pour les crocodiles du lac. »

« Ok c’est un type qui est venu sous couvert des autorités françaises un chien de guerre du nom de Bob Lesart qui a pour surnom le corsaire. Il est venu me voir quelques jours avant la conférence et il m’a demandé de contacter Mr Djidjeli pour lui proposer d’organiser une conférence. Je lui ai demandé pour quelles raisons. En l’interrogeant il s’est mis à m’étrangler en me menaçant:

-« Tu fais ce qu’on te dis sans poser de questions si tu veux garder ta place dans ton putain d’hôtel. »
-je te jure je ne savais pas qu’il allait le buter »

-« Yarmat tu m’as dit ce que je voulais savoir.
Maintenant dis-moi comment je peux avoir confiance en un homme qui trompe sa femme, qui travaille avec des mercenaires, et qui exploitent des pauvres jeunes filles pour les exploiter dans des réseaux de prostituions ?
Tu sais Yarmat la parole d’un traitre c’est comme l’acide digestif qui coule dans l’estomac du crocodile elle n’existe que pour dissoudre tous ceux qu’elle rencontre ?
La seule faveur que je peux te laisser c’est d’appeler ton fils avant de mourir ? »
-« Je t’en supplie ne me tue pas ! »
-« Appel ton fils et dis-lui au revoir car moi c’est une faveur qu’on ne m’a pas laissé. »

Yarmat prit le téléphone en larme et composa le téléphone de sa femme:

-« Allo chérie pardonne-moi pour tous le mal que je t’ai fait.
Passe-moi Soulby je veux lui parler. Allo mon fils je veux que tu saches que ton papa t’aime très fort et quoi qu’il arrive dans ta vie prend toujours le droit chemin car lorsque tu t’en écarte il est parfois trop tard pour revenir dessus. »

A la fin de cette phrase Akil pressa la détente et demanda de relever le numéro du mercenaire à Alberto avant de balancer son corps et son téléphone dans le lac.
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