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L'été 1941

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Calvin

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Je suis au bord de la rivière, j'ai décidé de passer ma journée ici, au calme. On est en pleine été, chaleur et repos s'impose. Le soleil brille fort aujourd'hui, plus que d'habitude. Heureusement, les arbres aux alentours m'offrent de l'ombre, de l'ombre qui à son tour, m'offre de la fraîcheur quand un coup de vent passe. Je retire mes souliers, et marche en direction de la rivière. L'eau est fraîche, elle est apaisante, elle à l'air calme. L'eau m'arrive aux genoux, je sens le courant passé entre mes jambes. La surface de la rivière brille au loin, elle s’intille, comme une éclat de vie, comme mon éclat de vie d'avant. Avant que les Boches arrivent ici, et qu'ils foutent leurs merdes.
Sa va faire longtemps que je ne suis pas revenue ici, à vrai dire, je ne suis pas revenue depuis la déportation de Rachel. Avant on venait ici presque chaque jour, c'était notre coin à nous. Mais j'ai décidée de franchir le pas, et de revenir ici, je me suis dit que ça pourrait me faire du bien, de revenir. Et en réalité, je me sens toujours désespérée, sans espoir, je veux que ma vie d'avant redevienne ma vie présent. Rachel me manque, son rire contagieux me manque, sa bonne humeur et son regard complice aussi.
J'avance encore un peu, l'eau m'arrive au cuisse maintenant. Je me penche en avant, je tends ma main droite, je l'enfonce dans l'eau, le courant est plus fort qu'avant. Le vent arrive, il souffle dans les branches d'arbres. Je vois les feuilles s’en volées, montées dans le ciel, poussées par la bourrasque de vent. Mes cheveux blonds partent avec le vent eux aussi. Le vent m'arrive en pleine face, je tends mes bras de chaque côtés et ferme mes yeux. Le vent me donne de la liberté, je me sens libre, je me sens mieux, beaucoup mieux maintenant. Le vent cesse, et le chant des oiseaux reprennent place. J'ouvre mes yeux. Elle est belle, la nature, les couleurs sont vives et chaleureuses, contrastant avec la brillance de l'eau. Je profite de ce bon moment, je sais qu'il sera de courte durée.
Un crie
Un hurlements
Il me surprends, j'essaye de savoir d'où il vient. Les cries sont de plus en plus forts. Je la vois, c'est une petite fille qui arrive par la rivière, elle crie, elle se noie. Je ne réfléchie pas, je vais l'a sauver. J'avance. L'eau monte de plus en plus, ou plutôt, je m'enfonce de plus en plus. La petite fille est à une vingtaines mètres de moi. L'eau m'atteint à la poitrine, elle est froide, j'ai déjà du mal à respirer, et d'un coup, je n'ai plus pied, mon corps entier s'enfonce dans l'eau, je remonte assez facilement en me débattant. Je reprends mon souffle, elle est à quelques mètres de moi maintenant. Je nage à contre courant, la force de la rivière m'épuise. La fille ne bouge plus, elle flotte sur le ventre, j'essaie de la saisir, mais la force avec laquelle elle m'a percutée nous a entraînées au fond de l'eau. Elle coule, elle s'enfonce dans la rivière. Je l'attrape par sa robe et l'attire vers moi. Je l'a saisie par son bras droit et remonte à la surface. Je respire, j'ai pris la fille entre mon torse et mon bras droit. Et je nage difficilement vers le bord de la rivière.
La rivière est dangereuse, le courant était puissant, elle a faillie mourir, on a faillie mourir. La beauté de la nature est parfois mortelle, il ne faut pas l'oublier.
Je l'a tiens par les bras, et je l'a traîne jusqu'à la rive, nous voilà sortie de l'eau. Je n'ai plus de force. Je m'allonge violemment par terre. Je respire fort, et très vite. La fille a perdue connaissance. Je me retourne pour l'observer. Elle est jeune, très très jeune, elle ne doit avoir qu'une dizaine d'années, pas plus. Elle a une étoile sur la poitrine. Une étoile jaune, elle est juive. Comme Rachel. Je me sens mal d'un coup, je ressens la peur, l'angoisse. Ce n'est qu'une gamine, comment-est elle arrivée ici ? Et les juifs ne devaient pas être tous déportés ? Elle a sûrement dût fuir. Que dois-je faire ? Si je l'aide, et que les Boches parviennent à être au courant, s'en sera fini pour moi. Mais je ne peux pas la laissée là. Elle respire assez mal, elle à besoin de soin.
Mon dieu que dois-je faire ?
L'abandonner ou la protéger ?
Le soleil continu de rayonner, le vent continu de souffler, l'eau continu de couler, et Louise a pris ça décision.

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Brunoh · il y a
J ai bien aimé. Attention aux fautes d'orthographe...
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Calvin · il y a
Je suis content que mon histoire t'ait plu Brunoh, merci pour ce commentaire ;)
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