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L'étape

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Myaku

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Quand je suis arrivé devant cette porte, mon hésitation a disparu. Sur le chemin, je m’étais souvent demandé si les gens d’ici avaient eu vent de l’accident. L’information avait souvent du mal à s’immiscer dans la campagne, et la distance séparant la coté occidentale du pays et les terres volcaniques du centre était grande.

Sur la route, nourris de viande séchée et de fruit trouvé dans la forêt, je m’étais imaginé dégustant le traditionnel pot au feu familial, discutant avec ma bien aimée des récoltes à venir.

Mais là, devant cette porte, ma tête c’était vidée. Une légère odeur de tourte, d’alcool et de chaleur alléchait mes narines, et donnait à mon esprit des images de vraie repas et de lit douillé. Je devais rester discret, mais l’envie était trop grande.

Je m’apprêtais à rentrer, quand quelqu’un me poussa, me faisant sortir de ma torpeur.

« Gamin, soit tu rentres, soit tu laisses le passage. Et dépêche, j’ai entendu dire qu’un bard était arrivé dans la taverne »

C’est quelques mots eurent pour moi un effet catastrophique. Je laissais passer ces gens en quête d’une bonne chanson et d’un verre de liqueur pour me rapprocher de la fenêtre. Et là, je le vis. Ce genre d’homme fortement apprécié était pour moi le pire de tout le pays.

Il sortit son instrument dit quelque parole aux clients de plus en plus attentifs. Puis se mit à jouer un air que je ne connaissais que trop bien.

Tout de noir vêtu, chevauchant dans la brume
L’aventurier avance, poussé par la rancune
Une vengeance vaine, il le sait, il l’assume
Il poursuit, traquant ces ennemis sous la lune

Un coup d’œil aux alentours me permit de trouver un puits.

C’est devenu pour lui une danse posthume
Pour contrer tristesse et effet de l’infortune
Jette un regard aux survivants, plein d’amertume
Sort une photo de sa femme, elle s’appelait June

Mes outres sont à moitié remplis, mais je n’ai pas le temps, je dois partir

Arrive alors le poids de l’enclume
Le poids du regard de cette jeune femme brune
Cette femme qui l’aimait est morte, il écume
Sa résolution est prise et la mèche s’allume

Je m’enfonce dans la forêt, vers le cœur du volcan, la seuls source plus chaude que ma haine.

Le coup de feu part, résonne dans les dunes
Plus personne pour l’entendre, seulement les plumes
Qui sont pour les bard synonyme de fortunes
Qui suivent le passage du sinistre Acume

J’entends des bruits métalliques au loin. Les clients qui m’ont bousculé m’ont reconnu. Mais je suis partit, disparu, envolé.
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Waouff · il y a
Petite histoire sympathique en cette fin de janvier mon ami.
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