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    Quies, ville discrète, est bordée d’une colline interminable, qui aurait pu être peuplée d’une forêt verdoyante mais qui n’est surplombée que par un arbre fièrement dressé au-dessus d’elle ; il veille sur la cité et ses habitants : des voyageurs effectuant leur dernier voyage. Leur quête s’arrête ici dans ces bâtisses de bois, brutes, dénuées de fantaisie, juste ce qu’il faut pour leur offrir un digne sépulcre.

    Autour de la ville, une muraille veille à protéger le sommeil de ces âmes perdues, venues chercher la quiétude auprès de la cité ; amie en réalité qu’elles connaissent et attendent depuis toujours.

    A l’entrée, une petite grotte, recouverte de lierre, invite les nouveaux venus à déposer leur passé. Les étrangers sont accueillis par des papillons noirs, ombres volatiles se mouvant sans jamais se poser, laissant une trainée de poudre scintillante derrière eux, guidant ainsi les mortels vers l’antre de Quies.  

    Le temps n’a pas de prise ici, il est patient avec ceux souhaitant s’attarder en ces lieux et ne persécute plus les tourmentés de la vie. Le silence est roi en cette contrée de recueil où nul animal, végétal ou humain ne vient défier le monarque ; seul le bruissement du vent jouant avec le gardien de la cité sort parfois la ville de sa léthargie.

    Figé dans un automne éternel, le soleil reste fixe entre ciel et terre noyant continuellement Quies d’une douce lueur orangée ; la nuit et le jour n’existent plus, souvenirs abstraits pour les habitants venus se délecter du repos éternel.



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