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Les Sacs de bonbons

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Clarajuliette

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Régis, le chef de la bande me disait toujours :
— Tu es comme l'éclair toi !
Pourtant à l'école j'étais toujours le dernier à la course. Mais je m'en fichais de la course, il n'y avait jamais rien à gagner. Mais voilà que pendant les vacances je me transformais en éclair. Pas un éclair au chocolat, un éclair comme le cheval noir de Zorro, ou comme Lucky Luke qui tire plus vite que son ombre. J'étais « l'éclair » de la bande et personne ne contestait ce titre.

Nos journées se passaient à construire des cabanes qui se voulaient résistantes à tout. Au vent, à la pluie, aux ennemis si jamais ils débarquaient, et surtout à l'autorité parentale qui pouvait à chaque moment nous obliger à tout détruire, par simple sadisme. Mais comme Zorro et Lucky Luke, on gagnait à tous les coups.

Mais il fallait les construire ces satanées cabanes. C'est à qui rapporterait des cartons gigantesques pour faire les murs, des plastiques pour isoler le toit, des cageots pour le rangement, des cailloux pour se défendre des ennemis, une pelle pour creuser la terre et évacuer l'eau de pluie... Tout était utile pour notre construction. On avait chacun « sa » spécialité. La mienne était de rapporter de la nourriture. J'avais ma méthode. Je rentrais dans la maison par la porte du fond puis j'allais dans la cave chaparder un bout de fromage, un saucisson, quelques pommes... Personne n'y verrait rien.

Je rapportais ce butin dans notre cabane. Tous étaient enthousiasmés à la vue du saucisson et du fromage, moins à celle des pommes. Attention ! Je risquais l'expulsion... Si je voulais garder mon titre d' « éclair », je devais réaliser un exploit, du jamais vu, comme rapporter des bonbons. On vérifia tous nos poches, pas un centime en réserve. Je devrais donc les voler ces bonbons si je voulais réussir mon épreuve et conserver mon titre d' « éclair ».

Je me rendis à la boulangerie. Pendant le trajet, j'essayais d'échafauder un plan, mais rien ne me venait à l'esprit. De plus, je ne connaissais aucun vrai voleur qui aurait pu m'aider, m'apprendre des trucs. Il allait falloir que j'improvise et compte sur ma débrouillardise... Heureusement, deux vieilles rombières discutaient avec la boulangère près de la caisse. Je me faisais tout petit, d'ailleurs je me sentais tout petit. Je me rapprochais des bonbons sans me faire voir. Discrètement, pendant que les pipelettes étaient toutes occupées à parler de leurs bobos, je tendis furtivement le bras et attrapa trois sachets de fraises Tagada. À la vitesse de l'éclair, je sortis de la boulangerie, les bonbons cachés sous mon T-shirt. Je me retournais, personne ne m'avait vu ni suivi. J'étais en train de devenir un vrai délinquant et à ce titre je devins chef du groupe en remplacement de Régis. C'est moi qui commandais et j'étais désormais dispensé des tâches ménagères.

On commençait à peine à avaler nos fraises Tagada dans notre cabane, qu'une pluie violente s’abattit sur nous. Nos bâches en plastique s'envolèrent avec le vent, les murs en carton ramolli par la pluie s'écroulèrent. C'était la débâcle, mais à notre âge on ne connaissait pas ce mot. On commença à s'engueuler, à crier, c'était la faute à tout le monde et à personne. Notre cabane anéantie, il ne nous restait plus qu'à rentrer chez nos parents, trempés et surtout honteux. Mais moi, l' « éclair », j'attrapais les sachets de bonbons aussi vite que l'aurait fait Lucky Luke, et j'arrivais le premier chez moi. Je riais en moi-même, les sacs de bonbons à la main. Je n'étais peut-être pas le roi des cabanes, mais désormais j'étais le délinquant des bonbons. En fait, j'étais Luky Luke et Joe Dalton à la fois.

Il a plu tout l'après-midi. Notre cabane était complètement dévastée. J'avais mangé toutes les fraises Tagada. Même si j'étais devenu Joe Dalton, je n'osais pas retourner à la boulangerie. Pour aggraver mon cas, ma mère supprima mon argent de poche rapport à mes chaussures trempées et mes vêtements maculés de boue !

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Clarajuliette · il y a
Merci Morgan, c'est sympa de votre part
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Morganne L · il y a
j'ai apprécié ce texte frais agréable donc j'ai voté, et je me suis permise de m'abonner à ta page.
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Sandrine Michel · il y a
Un texte très agréable !
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jc jr · il y a
Un souvenir ému des garnements, que l'on a tous été. Mes voix et une invite.
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Zouzou · il y a
les turpitudes de l'enfance rondement menés' tagada tsouin tsouin ' !
en lice poésie, Au bon ressort si vous aimez

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Haïtam · il y a
La joie des vacances. Celles de mon enfance me reviennent en mémoire. Les cabanes...
J'ai beaucoup apprécié la simplicité de ce récit. Mes voix.
Si vous avez un instant pour le découvrir, mon poème, La terre ocre de l'adrar, participe au GP Automne.
https://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/la-terre-ocre-de-ladrar
Un bon week-end ensoleillé à vous !

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Yves Le Gouelan · il y a
Une voie nostalgique qui secoue les souvenirs d'enfance.
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JARON · il y a
Bonjour ClaraJuliette, que de souvenirs me reviennent à la lecture de votre texte. Vos mots sont délicieusement sucrés. Je me souviens d'un boulangerie dans le village où j'ai grandi, nous rentrions à plusieurs et pendant qu'un d'entre nous achetait un bonbon, nous ressortions avec les mains pleines en riant aux éclats. Quel bonheur de déguster les "mistrals gagnants" et autres coquillages remplis de bonbons sucrés. Un régal votre texte et bien sûr toutes mes voix avec plaisir. Si toutefois vous avez un instant pour "mondes parallèles" en finale dans le court et noir, j'ai essayé de sensibiliser l'être humain sur la sauvegarde de notre planète avec une fiction qui pourrait devenir réalité. D'avance merci et belle fin de dimanche. https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/mondes-paralleles-1
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Jean Calbrix · il y a
Un texte très agréable à lire sur les jeux d'enfants construisant une cabane et dont l'un d'eux va jusqu'à chaparder des bonbons à la boulangerie ! Bravo, Clarajuliette ! Vous avez mes cinq voix.
Je vous invite à lire mon sonnet si vous avez un peu de temps : https://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/roberto

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Line Chatau · il y a
Texte plaisant à lire qui fait remonter des souvenirs à la surface. Je vote.
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