LES PEUPLIERS

il y a
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Vagabonde, rêveuse, tricoteuse de mots et d'histoires. Aime les chats, les éléphants, les grands espaces, le thé vert, les tartes au citron. Me suivre : http://www.sellierlielieauteure.f  [+]

Ils avaient acheté cette vieille maison en Normandie pour se reposer les weekends. Leur maison d’édition accaparait tout leur temps, c’était leur passion. Ils avaient trouvé dans le salon de la maison un vieux piano aux touches désaccordées. Ils l’avaient laissé ainsi vestige d’un autre temps, majestueux au milieu du salon. Les rayons de soleil passaient à travers les persiennes. Chaque dimanche matin, Zora avait un rituel, elle allait cueillir des fleurs au jardin ou aux alentours des fleurs sauvages. Elle les mettait dans un vase qu’elle posait sur le piano. Elle s’allongeait ensuite sur le vieux tapis persan les bras et les jambes écartées. Elle fermait les yeux et semblait écouter les vieilles histoires que lui murmurait le tapis. Paul était à la messe, il avait ce besoin de se recueillir et il revenait par des chemins de traverse en lisant de la poésie.

Dans leur couple, chacun respectait la religion, les traditions, la personnalité de l’autre. Zora sentait les vibrations de son monde paisible intérieur et celui de l’extérieur plus tourmenté. Les yeux fermés, elle se demandait souvent pourquoi les différentes cultures ne pouvaient pas cohabiter dans la paix. A son retour, Paul la trouvait souvent endormie allongée sur le sol. Il contemplait sa longue chevelure brune se mêlant aux fils du tapis. Il préparait le déjeuner en écoutant la radio, le refrain des mauvaises nouvelles se déversait dans la cuisine par les hauts parleurs. Paul aurait aimé envoyer des arcs en ciel dans le monde entier. C’était vraiment utopique ce qu’il pouvait continuer de faire avec Zora était de semer des graines de culture, ils publiaient des auteurs de toutes origines et horizons. Ce qui était leur manière de lutter contre la folie des hommes. Les livres étaient un rempart face à l’ignorance, diffuseurs de paix et de messages.

Après le déjeuner, ils allaient se promener dans la campagne. Ils y trouvaient du calme, de la quiétude, elle les enveloppait tel un manteau protecteur. Les tumultes du monde y paraissaient très lointains. Les peupliers centenaires les saluaient au passage. La maison « Les peupliers " elle-même centenaire avait elle aussi traversé des tempêtes, elle était toujours debout, bien ancrée dans ses fondations comme le couple qu’ils l’avaient choisie.
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James Wouaal · il y a
Un peu de Zen dans ce monde de brutes.
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Utilisateur désactivé · il y a
De bien jolies métaphores bravo!!
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Sylvie Loy · il y a
Un conte qui fait du bien. Beaucoup de délicatesse. De douceur et c'est agréable.
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Lielie Sellier · il y a
merci j'aime la douceur...
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Patricia Burny-Deleau · il y a
La plume ( aidée par. l'éditeur) plus forte que le fusil.
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Lielie Sellier · il y a
merci oui tout à fait
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Dolotarasse · il y a
Un texte doux à lire qui fait du bien...
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Lielie Sellier · il y a
merci oui nous avons besoin de douceur
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JPM · il y a
Paix et longue vie
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Lielie Sellier · il y a
merci
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Utilisateur désactivé · il y a
Douceur de la vie à deux quand on s'accorde sur l'essentiel, il est beau ce couple!
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Lielie Sellier · il y a
merci oui je souhaitais décrire un couple aimant
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Miss Free · il y a
Apaisant, ça donne envie d'y être.
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Lielie Sellier · il y a
merci c'était un peu le but :))

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