Les mouflons qu'on n'a pas vu

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Les mouflons qu’on n’a pas vus





Des milliers de mouflons, sur un territoire aussi exigu que le massif de Caroux l’Espinouse.

Même en cherchant à les éviter, impossible de ne pas les apercevoir.

On se trouve dans le supermarché du mouflon.

L’office du tourisme nous invite à entrer dans le sanctuaire, des statues mouflonesques nous le présente, pour être certain de ne pas le confondre avec un randonneur, des panneaux nous explique sa vie de petit mouflon jusqu’à grand mouflon, incluant sa sexualité, sans les images, interdites. Pour les amateurs, une revue spécifique est en vente à la maison du mouflon : Chaud comme un mouflon.

Un extrait intitulé « Viens ici ma mouflonne » est disponible sur internet, sous condition d’avoir 18 ans, depuis au moins 30 ans.

Mais revenons à nos mouflons !

Cet animal, contrairement à nous, est très rapide, il est donc inenvisageable de penser le poursuivre. Nous ne l’avons même pas envisagé

A plus de 50 km/h dans les falaises, c’est obligatoirement un mouflon...ou un randonneur qui chute. Il faut regarder très vite s’il y a des cornes.

Mais on l’a dit, on n’est pas rapide, c’est compliqué.

Il est reconnaissable à ses très grandes cornes courbées, que possèdent aussi virtuellement certains randonneurs, sans que pour autant on les confonde.

Munis de ces précieuses informations, et de vtt, nous abordons notre journée en pleine confiance, des mouflons plein la tête.

Mille mètres de dénivelé plus haut, notre arrivée épuisée, nous donne l’air de mouflons sur le déclin.

Il nous faut faire attention à n’effrayer personne. Nous nous camouflons donc en haut d’un arbre de 100 mètres de haut, avec nos vélos. Cela peut paraître invraisemblable, mais l’écriture permet tout.

Cet arbre est réputé être sur un lieu de passage privilégié de l’animal, qui migre par troupeaux de plusieurs millions de têtes.

On l’avait lu avant de partir, sur une vieille brochure africaine, qui nous semblait assez bien correspondre à notre voyage.

Au bout d’une semaine de guet, à manger des pommes de pins, rien ! Notre moral faiblissait. Il fût décidé de redescendre. Nous avions dû nous tromper d’arbre.

Cette fois-ci, physiquement, nous avions plus l’air de mouflons en fin de vie.

Tout comme nous, le soleil déclinait, quand soudain, un râle effrayant déchira le silence, que nous avions convenu de respecter, pour mieux surprendre un éventuel râle effrayant.

Un mouflon !!!

Arrrghhh..................putain de con de vélo, je me suis pris la pédale dans le tibia !

Le arrrghhh faisait très mouflon en rut, mais la suite ne me prit pas en défaut, C (Christophe ne veut pas que je mentionne son prénom), donc C s’était fait mal.

S’en était terminé de notre quête. Ce râle suffisamment sexy, qui aurait pu mystifier les mouflonnes, n’eut comme conséquence, que celle de transporter notre détresse très loin.

Dans la vallée très loin, nos hôtes effrayés, avaient alerté les gardes forestiers, dénonçant la maltraitance de mouflons sur le massif. C souffrait, je pensais à l’abattre, mais je renonçais faute d’arme. Je n’avais qu’une pompe à vélo, j’allais perdre du temps.

Il nous fallait nous orienter, pour rejoindre la table d’orientation, sous laquelle s’esquissait la petite ancienne voie romaine qui nous ramènerait au village. Notez que « voie romaine » aurait pu suffire, il y a longtemps que les romains ont cessé leurs constructions. Une carte au 25 000 ième de Toulouse en main, et un sens de repérage hors du commun, nous avions tous les éléments pour cette formalité.

8 jours plus tard, nous avions réussi à parcourir les 500m qui nous séparaient de cette saloperie de table. Le chemin se trouvait toujours là, bien romain, bien esquissé, prêt à accueillir 2 vététistes à l’air de mouflons efflanqués, poilus, odorants.

La descente se fît rapidement, 3 jours de plus.

Lorsque notre hôte consentit à nous ouvrir la porte, ce ne fût qu’après que les gardes forestiers de retour du massif, et avec test ADN, purent lui prouver que nous étions humains.

Impatient, de connaître notre histoire, il nous questionna : Alors les mouflons ?
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