Les larmes de la tempête

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Ça y est, je suis là. Après deux semaines, je suis à nouveau dans une vrai maison, dans une vraie chambre et dans un vrai lit. Je n’ai pas grand chose, un sac à dos avec mes vraies affaires et quelques vêtements un peu grands que l’on m’a donné après tous ce qui m’est arrivé. Le lit, en bois craquelés avec de la peinture bleue écaillée, l’armoire, petite blanche avec de grandes fissures la traversant de long en large à certains endroits, le bureau, marron et vert avec des tiroirs grinçants et une case dont la porte n’est plus, et même les rideaux gris d’apparences presque neufs sont d’occasion. Depuis mon arrivée à Lyon, je ne pense plus qu’à une chose, écrire. Ecrire ce qui m’est arrivé, ce que j’ai fais, ce que j’ai perdu et tout le reste. Pour l’inscrire à jamais, pour ne jamais oublier, pour les milliers de morts et pour moi.

C’était le vingt-sept du mois, la nuit. Mes parents s’étaient couchés tôt à cause de la fatigue des travaux, ils refaisaient le sol du salon. C’est moi qui aie donc couché mes frères. Léo à pris, comme à son habitude, plus de temps que Tom, son jumeau. Léo est très bon en informatique et adore les jeux vidéos. Il est assez têtu mais toujours très déterminé dans tous les domaines qui l’intéressent. Vers vingt et une heure, j’étais la seule levée. J’ai éteint les lumières de la maison et allumer ma lampe de chevet. Je me suis ensuite mise à lire un livre avec des sirènes et autres monstres aquatique. Je me suis endormit vers vingt-deux heure après être allée aux toilettes et mis mon réveil pour le lendemain.
Je me suis réveillée en sursaut à cause d’un cauchemar qui était plutôt récurent pour moi. On était en vacances à La Réunion chez mes grands-parents comme chaque été et le volcan se réveille et crache de la lave sur toute ma famille et mes amies qui apparaissent juste pour mourir. Arrivée dans la salle de bain, je m’éclabousse le visage pour m’enlever ces images de la tête. Soudain, les volets ouverts claquèrent violemment tel que je failli tomber dans la douche. J’ai ouvert la fenêtre opaque pour voir l’extérieur et vis au loin une énorme tempête se déchainer. La mer qui était déjà très agitée en temps normal formait des vagues de trois à quatre mètres. J’étais tétanisée, je savais ce qui m’attendais si je ne réagissais pas mais plus un son ne voulait sortir de ma bouche, je ne pouvais plus bouger un orteil.
C’est Tom qui, réveillé par la lumière en face de sa chambre, m’a remis le cerveau en marche. Je lui ai dis ce qui se passait en sachant qu’il saurait vite quoi faire. Tom était passionné de livres, il avait sauté deux classes ce qui rendait son frère jaloux. Mais Tom est très solitaire et n’a donc pas d’autres amis que sont frère et sa soeur. Tandis que je remplissais un sac de nourriture, de couvertures et d’autres choses vitales, il réveillait Léo et les parents.
Quinze minutes plus tard, nous étions prêts. Papa portait son sac de randonnée, Léo son cartable d’école et Maman son sac à main. Cette dernière à ouvert la porte. Dehors, les vagues n’étaient plus qu’à quelques mètres de la porte et nous contemplions ce tumulte d’eau et de vent furieux comme subjugués. Tom pour la seconde fois nous à réveiller en nous hurlant de courir.

J’étais la plus rapide après papa mais je ralentissais et me faisais rattraper par Léo régulièrement pour regarder impuissante les vagues se rapprochées dangereusement. Tom était très lent et maman ne le laisserais seul pour rien au monde, elle pourrait mourir pour sauver un de se biens aimés.
Léo me dépassait pour la septième fois, je n’étais plus qu’à un mètres du refuge créé pour se type de situation. Alors, je me retournais et j’ai vu cette scène au ralenti. Une vague immense de presque six mètres je pense se formait derrière Tom et maman, la vague commençait à peine à retomber que je criais déjà, je criais comme pour recracher mes poumons et jusqu’à ce que ma voix s’éteigne d’elle même. Quand l’eau furibonde les à entièrement engloutit, je suis retombée sur les genoux toujours dans mon hurlement, mon visage aussi inondé que mon village. La porte à claqué comme une tombe se ferme et on m’a emporté dans la cave de secours.
Deux jours plus tard, les pompiers ont ouverts la trappe. Ils nous ont couvert d’habits chauds et propres et nous ont emmenés dans des maisons d’accueil en attendant de trouver un travail, un habitat et une école. Papa avait fait beaucoup d’études et avait vite trouvé du travail et avec ça une maison proche d’un collège.

Maintenant, je suis dans mon lit. Je repense à tout cela, Tom, mon frère, notre sauveur, mon petit génie. Ma mère, qui n’abandonne jamais un fils, qui ralentit pour lui, qui meurt pour et avec lui. Je serre contre mon coeur quelque chose qui était déjà dans mon sac avant la tempête, que j’ai pris sans le vouloir. Un objet que je chérirais jusqu’à la fin, une photo. Tom, Léo et moi qui sautons sur la plage en maillot de bain après une journée de randonnée. Maman prépare le pic-nique sur le côté de l’image. Une larme coule sur ma joue, je la laisse. Elle tombe sur ma main. Je ne l’enlève pas. Je fixe le plafond et me concentre pour être sûr de toujours me rappeler de tout, depuis mon endormissement jusque la larme sur ma main.
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