Les gentils drogués de l'arrêt de bus

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17 heures 31... plus que 40 minutes. Super...
Ça faisait maintenant plus d’un quart d’heure que Jeremy attendait son car dans un arrêt de bus, si tant est qu’on pouvait appeler ça un arrêt de bus : l’endroit où se trouvait Jeremy n’était rien d’autre qu’un trottoir poussiéreux, un grand trottoir, certes, mais un trottoir poussiéreux quand même. Jeremy se trouvait donc sur ce trottoir, adossé contre un répartiteur Internet proclamant "TOUS FIBRÉS", affirmation bien ironique dans un endroit où la couverture réseau est plus proche du néant que d’autre chose. Jeremy se trouvait donc sur ce trottoir, adossé contre ce répartiteur Internet, en train d’observer les allers et retours d’une fourmi.
Il s’ennuyait, pour faire court.
Il s’ennuyait jusqu’à ce que la fourmi s’arrête à côté d’un objet en plastique. Cet objet, petit, en plastique transparent ne pouvait être qu’une seule choses pour Jeremy : le bouchon d’une seringue utilisée par des drogués plus tôt.
Mais ce que Jeremy ne savait pas, c’était qu’il avait raison.

Trois jours plus tôt, à 23 heures 47.
Nous n’avons pas bougé, nous sommes toujours sur ce trottoir poussiéreux devant le même répartiteur, nous avons simplement remonté le temps pour revenir trois jours plutôt.
A la place de Jeremy, se trouvent maintenant, ou avant, ça dépend du point de vue, trois silhouettes toute de noir vêtues à l’air louche. Peut-être cette impression ressortait de leur manière de se déplacer, ou peut-être de la mallette que l’un d’eux portait. Quoi qu’il en soit, elles avaient un air louche.
— Vas-y gros, file la première, crie, sans se soucier des voisins, qui dormaient à cette heure-là, la première silhouette, plus imposante que les autres.
— T’es sûr que tu ne veux pas attendre un peu ? On a découvert ici, réponds une seconde silhouette, celle qui portait la mallette.
— Si je te dis de les sortir, tu les sors !
— Ça sera sans moi alors, je préfère foutre en l’air ma première soirée avec vous que ma vie toute entière.
La troisième silhouette, qui n’avait pas bougée depuis le début de cette dispute, sort un petit revolver de sa poche intérieure :
— Tu fais ce qu’il te demande ou tu n’auras plus de vie du tout.
Pas besoin d'être un narrateur omniscient pour savoir que Mallette réfléchissait à toute vitesse.
Quelques secondes plus tard, secondes qui lui paraissaient être de longues minutes, il eut l’air d’avoir pris une décision, et en effet, il avait fait son choix : pour lui, aucun doute, le revolver était un coup de bluff inoffensif. C’est donc avec cette certitude qu’il balança sa mallette au sol, mallette qui, sous le choc s’ouvrît et laissa rouler au sol une multitude de seringues, dont une qui explosa sous le choc.
Réagissant au quart de tour, la silhouette au revolver tira. Mallette l’a compris trop tard, ce revolver n’était pas un coup de bluff.

Ainsi, Jeremy avait totalement raison : ce petit truc blanc était bel et bien un bouchon d’une seringue utilisée (ou presque) par des drogués. Ce qu’il ne savait pas par contre, c’était que la poussière rougeâtre tâchant le sol n'était pas de la poussière mais du sang séché.
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