Les douze coups de minuit…

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Une passion pour l’écriture, souvent en ateliers. Mon genre préféré est le texte court. "Choper" un personnage, lui mitonner une petite tranche de vie... J'éprouve un grand plaisir à  [+]

Image de Hiver 2018
Les douze coups de minuit résonnent sur la ville endormie...
Mais moi, je ne dors toujours pas, encore tellement troublée par la nuit précédente !
Heureusement qu’il me reste mon portable pour me rappeler ce qui ressemble à un conte de fées...
Hier, j’étais en train de m’éclater dans la boîte le Macumba quand je me suis aperçue qu’il était minuit moins cinq.
Ma mère est une « coincée rigide », avec elle, c’est toujours « l’heure c’est l’heure. »
Alors j’ai planté là mes potes et surtout le Beau Gosse qui me branchait.
J’ai juste pris le temps de lui dire « à demain, même heure, même endroit », même pas eu le temps d’attendre sa réponse.
C’est à ce moment-là qu’éclata l’orage qu’on avait attendu toute cette journée au cours de laquelle il avait encore fait une chaleur étouffante.
J’ai enfourché ma mob qui m’a lâchée au bout de cinq cents mètres, panne d’essence.
Comme j’amorçais la grimpette qui monte à la villa, le troisième coup de minuit sonna. Je décidais d’arrêter de pousser ma mob, de l’abandonner sur le bas-côté et de continuer à pied, en courant.
Bien entendu, j’ai dérapé dans la gadoue qui commençait à se former et j’ai cassé mon talon gauche. Le cinquième coup sonnait alors pour courir plus vite, j’ai laissé mes deux sandales en verre, en vair (heu, non vertes) sur le talus.
J’en étais à sept coups mais dans ma tête en même temps j’entendais « Charming » de Prince, sur lequel j’avais dansé à côté de Beau Gosse !
Au onzième, à bout de souffle, j’arrivais devant la porte que ma mère avait ouverte en grand.
« Dans quel état tu reviens, pieds nus, la robe déchirée, une vraie souillon ! »
Orage, panne d’essence, respect du contrat des douze coups de minuit suffirent à la convaincre de me laisser passer dans la salle de bain puis de monter dans ma chambre.
Epuisée, je m’affalais sur mon lit.
Pas bien longtemps car des petits cailloux lancés sur ma fenêtre me firent relever.
L’orage était passé, Beau Gosse était là, en bas !
Il avait remonté ma mobylette et tenait mes sandales pourries à la main !
Waouh ! Il m’avait suivie !
Je lui fis signe de ne pas faire de bruit, ma mère ayant le sommeil léger.
Il a pris une branche cassée, l’a trempée dans la gadoue du jardin et a marqué sur la terrasse, son numéro de portable.
Il s’en est suivi des heures de SMS.
Il devait partir à Londres, pour un stage linguistique. Le rendez-vous au Macumba a été fixé pour le soir de son retour.
Quand je me suis réveillée, en fin de matinée j’ai été prise de panique : son numéro de portable sur la terrasse !
Heureusement la pluie avait effacé les traces de cette nuit.

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