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Les derniers instants d'un évadé

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Mohabdel

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Le bruit des bottes font vibrer le pont metalique qui était sur ma tête, je me cachais sous une tolle de métal inclinée​ et tordue qui se trouve sous le pont soutenu par des branches d'un arbre d'eucalyptus,​ je me faufile rapidement en dessous, mes pieds presque nus qui me font très mal , je reprends mon souffle sous la chaleur de la plaque de metal et je jette un coup d'oeil en bas , misère !Je constate du sang sortir de mes espadrilles déchirées sur les côtés .
Le goutelettes d'une pluie fine tombante sur la face externe du métal repoussèrent la chaleur vers l'intérieur ou je me trouve caché.
Ne ressentant plus les débris caillouteux du sol, je lève ma tête un peu ,accroupi sous la tôle rouillé ,je regarde à gauche à droite et en arrière sans faire de bruit, soudain une voix Roc brisa le silence:

- Fouillez partout , chaque centimetre ! chaque recoin ,je veux cet homme , ce chien qui veut changer l'ordre des choses !
Une autre voix réplique :

- Faites avancer les chiens ! Ça va être sa fête !...

Un claquement d'arme d'une calachnikov brisa le silence complètement , les chiens poussant des aboiements très violents , ils​ s'approchèrent de plus en plus.
Je savais qu'aujourd'hui j'allais mourir,je n'avais pas peur de la mort mais du petit enfant fragile que j'ai laissé chez moi à la maison.je revois son sourire , je ressens encore sa peau frêle entre mes mains,sa mère,sa formidable mère qui m'a dit en pleurant le jour de mon arrestation :
- Mon chéri, je t'aime plus que ma vie ! mais je ne pourrai jamais me pardonner de ne pas te laisser combattre pour la liberté.
Ce jour là j'ai versé des larmes comme un bébé, je ne voyais plus que la liberté de ce peuple opprimé et écrasé par la haine,ces paroles m'ont donné plus de conviction et de force et je n'ai plus la peur de mourir.
Les pas des soldats continuent d'avancer et je retiens mon souffle . Soudain je vois un chien renifleur descendre en aboyant très fort faisant des reculs en arrière .
Une voix d'un soldat retentit :

- Le voilà ,le voilà il.est là !
Dès que j'ai entendu cette phrase je savais que c'était ma fin.
Le chien s'approche de moi et bizarrement il s'arrête un instant et me fixe dans les yeux ,je ne comprends pas ses yeux étaient si brillantes que j'avais l'impression à l'instant qu'il avait senti quelque chose , je ne voulais pas mourir comme ça car ce chien n'était pas vraiment mon enemi.
Ils ont l'habitude de laisser les chiens dechecter les prisonniers les nationalistes ,alors les évadés​ comme moi c'est pire.
Je faisais un pas en arrière je savais que c'était trop tard.je revoyait les images de mes amis,mes parents ,tout est venu d'un seul coup,mais l'image la plus héritante c'est celle de ma petite famille

- Sortez de votre trou et vite!
Cette invitation suivi d'un craquement des armes me donna plus l'envie de mourir en héros car je n'avais aucune arme sur moi, je savais ces chiens sont pire que les vrais car ils ne reculaient devant rien ,ils ont reçus l'ordre de me liquider parceque je faisais le réveil des consciences,j'étais le déclic des opprimés et je l'ai voulu par conviction.

Reculant pas à pas en arrière pieds nus les chien toujours à côté de moi immobilisés ne voulant pas attaquer, même leurs aboiements se sont tus.

On était face à face , moi les mains nues, eux les armes à la main pointées sur moi...Soudain une force me vient à la gorge et j'exteriorise :
-Moi je vais mourir en héros mais vous ,vous allez mourir comme des lâches !...

Avant de finir cette phrase j'entendis une balle siffler me transperçant le tibia,cette chaleur très douleuse du feu ,me plia brusquement mais avec un léger sourire je me remet debout avec du sang partout, le chien poussa un cri ou un gémissement je ne sais plus et il était près de moi et une voix s'eleva:
- Vous avez touché le chien! Vous avez touché le chien!
Cette phrase retentit dans ma tête,le sang continue de couler,et je ne comprenais pas de quel chien s'agit-il ?
Ils s'approchèrent si vite avec leurs tenues de para armés jusqu'au dents :

-Achevez le !

Dès qu'une autre balle frémit ,me transperçant l'abdomen éjectant mes tripes à l'extérieur ,j'ai compris que c'était moi le chien qui était blessé alors que le vrai avait juste un moment de sympathie pour ma personne
Il ne me restait qu'à prier...
- Dieu est grand...Dieu...Avant même de finir une pluie de balles transperça mon corps ,je vois le sang sortir de partout.

- On a réussi !On a réussi!
Ça me fait sourire cette phrase lancé par leur chef du sang s'écoulant de ma bouche , je savais que c'était fini..
La dernière image qui me vient à l'esprit le visage souriant de mon bébé.
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michel jarrié · il y a
Texte puissant qui sera bien ressenti par les épris de liberté.
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