Les culs de mes jours Lydie 2

il y a
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Auteure, éditrice, théâtreuse et touche à tout (pas à tout le monde), la Zib a joyeux caractère, et la plume philosophe ou caustique. Elle dirige Monty-Petons Publications, met en scène ses  [+]

J’ai perdu Lydie, au détour d’un camion qui lui a écrasé les ripatons. Ses nougats ne la portaient plus, le buisson étiolé a flétri et son rire a fondu dans le beurre de bique.

Elle est partie dans un rire entonné d’adieux, mon emboutie. Ses yeux verres ronds comme une queue de pelle ont clignoté, et puis plus de jus. Elle a pissé dans sa culotte, auréoles irisées sur la jupe droite qui comprimait sa gaucherie. Je venais de l’habiller, elle voulait partir belle. J’ai séché sa touffe humide et l’ai bouchonnée avant qu’elle perde sa dernière choucroute.

Elle a gardé ses yeux vairons ouverts et j’ai cru la voir sourire lorsque je l’ai recouvert de gris, bientôt... J’avais glissé dans le bouchon de coton son petit vibromasseur patte de chat dans sa chatte, pour d’ultimes jeux dans l’au-delà. Elle est partie, mais pas ma sœur qui ne vibre plus, même fourrée de piles neuves. Elle me manque, mon œuvre inaboutie emboutie.

Sur la terrasse qui s’embrume des dernières vapeurs des vapoteurs j’écoute fuir les talons aiguilles. Ils chantent. Les yeux fermés, je les devine. Les femmes. Une grosse. J’uppercute le poids de son cul — talons fichés dans le goudron tiède. Le son. Un œuf éclaté hurle — jaune qui gicle. Mes yeux s’illuminent. J’absorbe le bondissement ferme des demi-lunes. Une Antillaise. Parfum de morue vanillinée. Un délice en bouche.

Rhum ! J’ai ouvert les yeux en criant. Je suis le chaloupé de la chatte loupée du soir. Le serveur pose le verre en matant le cul qui disparaît dans la nuit blanche. Blanche ? Mes nuits sont jaunes de ces soleils éphémères. Rasséréné, j’oublie ce prénom que je n’ai pas su ni lu, ce cri-torride que je n’ai pas sucé. C’est ainsi que Lydie appelait son bourgeon.

Lydie, Lydie, je t’ai aimée. J’ai lu en toi, j’ai bu à ton corps. Un jaune d’œuf remonte le courant. Je m’abandonne à l’or de la nuit.
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Adonis · il y a
J'aime beaucoup Eve. .
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Elena Moretto · il y a
j'adore votre côté captivant et je me laisse perdre volontiers dans les méandres de vos pensées
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Keith Simmonds · il y a
Le titre est bien suggestif de ces jeux ! Mon vote !
Merci de venir assister à la métamorphose de ma “Petite chenille”
qui est en Finale pour le Prix Printemps 2017 !

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Vrac · il y a
Superbe langue pour ces jeux de grande fille

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