Les culs de mes jours

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Auteure, éditrice, théâtreuse et touche à tout (pas à tout le monde), la Zib a joyeux caractère, et la plume philosophe ou caustique. Elle dirige Monty-Petons Publications, met en scène ses  [+]

Descendre la rue Toquée et remonter par la rue Cornue relève de la gageure par temps de neige. Autant aller piuloter sur un lac en promulgue d’arrêt sans passer par la maison et sans arrêt pour s’y arrêter.

Carie s’y essaie frénétiquement, arcboutée sur ses bouffeboules toutes neuves. Des belles. Des poilues comme sa touffe, de ce poil synthétique soyeux que l’on rêverait d’avoir au menton quand crisse la lame. La pauvrette remonte le col de son long manteau bleu fauve et ajuste sa culotte à l’élastique défaillant. La perdre dans cette situation périlleuse serait ubuesque. Le père Ubu s’en frotte les mains, moi également.
Cela fait une semaine que je suis Carie, non pas que je la bas de soie, mais que je la suis, sans conduit mais sauf. Je ne suis pas noir mais je sais qui je suis.

Je suivais Carie la gamine, Carie la peste, qui remontait la rue Cornue, pestillonnant et suant comme un œuf. Le soir se cassait la figure lourdement et je sentais monter en moi l’âpre d’Aline au souvenir de son mont. Celle-ci, je l’avais culbutée au bowling, enquillée de belle manière en sirotant une bière. Elle avait un beau cul, un cul de jument qui appelle la cravache, et elle le savait. Je ne l’ai pas touchée, juste enquillée comme une bouteille trop remplie. It’s a joke, mon frère, il’s just a joke.

Carie, je ne la toucherai pas non plus, je préfère la suivre, m’imbiber de ses manies, me saouler de ses petits cris de souris.

Piuoloter : piloter au pieu n’est pas pieuter.
Bouffeboules : moon boots
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