Les bicoques

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Au tréfonds de ta tombe, tu murmures encore à mes oreilles combien le monde est merveille. © Les Vagues, Aglaée Collin - Les Editions du Mont-Ailé, Octobre 2019 Jeune poète publiée aux  [+]

Image de Eté 2016
« Sédentaires. »

J’ai soufflé, tu as hurlé, nos esprits ont tangué. Les horloges se sont évaporées, tes yeux ont saigné des torrents de larmes. Le temps s’est dilaté, étiré jusqu’à ne plus pouvoir nous faire avancer. À l’aube, le monde a chaviré.

Course effrénée, je n’ai pas eu la force de te rattraper. La nuit nous a arraché l’âge des sensations, le confort de l’égoïsme. J’ai dû choisir entre la vie et les chimères clandestines. Je me suis dit qu’il me fallait explorer les insolents et naïfs sentiments de la liberté. Délaisser les galaxies et les fantasmes des lèvres pulpeuses et conquises. J’ai voulu goûter à l’impuissance. À l’orgueil des chemins frauduleux. J’ai voulu abandonner la torpeur des voyages et l’odeur amère du shit qu’on fume dans les garages.

Tout est devenu réalité, j’ai réussi à décrocher un sourire, j’ai engendré de la poésie, vomi des mots borgnes. Tu as commencé à fréquenter des lieux malfamés, croyant fuir la peur, la terreur et les nuits blanches.
J’étais vide, la fumée qui finissait avec les restes de ma mélancolie avait pour rôle une amnésie incurable. Ma mémoire était brouillée par la brume des soirées grises. J’oubliais mes démons, la distance et la saveur des mystères de ton silence.

« Solitaires. »

On croyait pouvoir éprouver nos âmes, s’éclipser la nuit, abandonner aux portes des avions les plaies qui nous tiraillent. On pensait refaire nos comptes et planquer la tristesse des années mortes. Hélas, la tension est montée, tu as dégringolé, je ne t’ai même pas regardé. La mer dans ton regard m’avait déjà emportée au large. Le vent avait dévasté la moitié de la côte.

« J’ai su que tout allait changer. »

J’ai cherché à t’échapper, tes griffes m’effrayaient, ta douceur m’enivrait. Les poumons amples, tu m’as embrassée, dévorée tout entière.

« La vie est ailleurs ! »

Je suis partie. Les espaces infinis nous ont finalement absorbés, la tendresse s’est estompée.

« J’ai juré ma mort. Tu m’as donné la tienne. »

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