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L'enfant bulle

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Minie Fraise

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Depuis le rebord de ma fenêtre, je regarde les flocons tomber un à un, pour finir leur course folle sur ce sol déjà blanc. Depuis toute petite, chaque soirs, je m'assois au bord de ma fenêtre, pour regarder ce qu'il se passe dehors, de l'autre côté. Je ne suis jamais passée de l'autre coté. J'ai vu beaucoup de monde à travers ma fenêtre mais depuis toujours, mes parents m'interdisent de franchir cette frontière. Alors, chaque jour, je me pose sur ma fenêtre, à imaginer ce qu'aurait pu être ma vie si j'étais au dehors. J'ai toujours fait ma scolarité chez moi. Je n'ai jamais pu goûter l'air frais du dehors, la sensation de l'herbe sous mes pieds. Et je n'ai jamais pu faire tout ça, car je fais partie des rares personnes qui ne peuvent pas aller dehors : je n'ai pas de défenses immunitaires .
On nous appelle les enfants bulles car nous vivons dans un endroit avec de l'air filtré, comme si nous étions dans une bulle.
Alors que je contemplais les flocons qui tombaient, quelqu'un sonna à la porte. D'habitude, c'est maman qui va ouvrir la porte car c'est trop dangereux pour moi. Mais ce jour là, elle n'était pas là. Alors doucement, avec appréhension, je suis descendue. J'étais allée qu’une seule fois au delà de la porte car mes parents y avait installé une bâche qui condensait l'air et enlevait les microbes. Lorsque j'ai ouvert la porte, une jeune homme de mon age se tenait devant moi.

Bonjour moi c'est Tristant dit-il d'un ton enjoué.
Salut moi je suis Charlotte.
Heu, je viens d'emménager en face de chez toi, mes parents m'ont dit de t'apporter ça.
Sur ce, il me tendit un plat contenant des gâteaux.
Je suis désolée mais je ne peux les accepter. Gardes les. Dis-je d'un ton gêné.
Pourquoi, tu n'aimes pas ça ? Répond-il surpris par ma réponse
Si si, enfin je ne sais pas je n'en ai jamais mangé
T'es en train de me dire que tu n'as jamais mangé de gâteaux ! Je te crois pas ! S'exclama-t-il en renversant la tête en arrière et en partant dans un fou rire.
Et pourtant c'est le cas j'ai un régime très strict.
Ne me dis pas que t'es comme toutes ces filles au Lycée qui ne mangent pas pour devenir le plus maigre possible !
Oh non , non, pas du tout je ne suis pas comme ça, je suis juste différente de vous...
Hum je vois, dit-t-il septique.

Puis nous avons discuté, encore, longtemps. Je lui ai parlé de ma maladie et il m'a posé plein de questions sur ma vie au quotidien. Puis à mon tour, je lui ai posé des questions sur l'extérieur, sur le Lycée, sur la vie d'un adolescent... Nous avons encore parlé comme ça pendant de longues minutes voir des heures mais à un moment ma mère est arrivée et a dit :

Charlotte, rentres immédiatement tu ne dois pas venir ici c'est trop dangereux, quand à vous jeune homme je vous prie de laisser ma fille tranquille, et ne revenez plus jamais.

Depuis, comme ma mère le lui avait demandé Tristan n'est jamais revenu me voir, n'a jamais retoqué à la porte. Quelques fois, je m'asseyais sur le rebord de ma fenêtre et j'attendais son retour, et quelques fois, il tournait la tête, nos regards se croisaient pendant quelques secondes, puis accélérant le pas, il repartait loin de moi. Nous ne nous somme jamais reparlé depuis, mais qui sait, peut être cela va-t-il changer, on ne sait jamais ce que l'avenir nous réserve, il ne faut juste pas perdre espoir.
Tristan a été le premier garçon à qui j'ai parlé, le dernier à ce jour, mais peut être que nous nous révérons de l'autre côté, au dehors...
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