L'enfant à contre courant

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J'accueille critiques, remarques, questions et reblochons avec plaisir. "... Mais elle était du monde, où les plus belles choses Ont le pire destin, Et rose elle a vécu ce que vivent les  [+]

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On était parti voir la mer, il faisait encore chaud même si le soleil tombait sur l'eau, on se tenait la main, on s'amusait à se courir après l'autre, c'est d'ailleurs comme ça qu'on a finit dans l'eau. Et puis, et puis une grosse averse. Alors, on s'amusait à écouter la pluie la tête sous l'eau, mais quand je suis revenue à la surface, quand je suis revenue à l'air tu n'étais pas là, j'ai cru que tu faisais une mauvaise blague, et j'ai attendu, mais rien, rien, aucune petite tête ronde à l'horizon, la pluie s'est calmée mais rien, rien plus aucun rire dans les bruits du monde. Et le courant. Ce satané courant me ramenait vers le bord de l’océan, mais je savais bien que tu n’étais pas là a m’attendre les doigts de pied en éventail couché sur le sable. Mais.. pardon. À bout de force j’ai suivi le courant, il m’a bien ramené sur le sable qui gardait encore un peu de chaleur de la journée, je suis bien revenu là ou on avait quitté nos vêtements et ta bonbonne. Mais toi, toi tu n’étais pas là. La mer s’est calmé, elle est devenu qu’une surface plate, comme un drap étendu entre moi et le soleil qui se couchait lentement. Mais dit moi pourquoi le courant ne t’a pas ramené vers moi ? Pourquoi tu t’es battu pour aller dans l’autre sens ? Qu'est-ce qu’il y avait de plus attirant vers le soleil ? Tu avais 15 ans et tu n’avais plus qu’un poumon et demi. Tu était condamné à ne jamais connaître les bars, la drague, les priorités à droite qui te font ajourner. Alors c’est bien pour cela ? Que tu as nagé à contre courant ? Tu as voulu disparaître pour qu’une infime parti de moi te pense encore vivant ? Te pense roi de l’océan ? Alors voilà ce que j’ai fais. Lorsque j’ai compris que tu ne reviendrais pas, je me suis assise face à l’horizon et je t’es imaginé heureux d’avoir fait un pied de nez à la mort. Tu ne voulais jamais rentrer dans les cases, même avec ta maladie. Tu t’habillais avec plus de trois couleurs différentes, tu ramassais les ordures qui croisaient ton chemin dans la rue, tu allais te baigner dans cet eau au mois de décembre, tu rendais visite aux animaux de la SPA, tu participais aux manifestations qui disait « oui a la protection des animaux et de la nature « non à l'argent et au pouvoir », tu disais « merde » au cancer, tu disais « prend moi » à la Vie, et tu as dit « je veux de toi » à l’Océan et « tu l’as pas vu venir celle-là » à la Mort. Et je t’assure personne ne l’a vu venir. Mais c’est vrai. Peut-être que j’aurais dû employer plus de forces à te retrouver, à appeler les secours, à hurler ton nom. Mais je n’ai rien fait. Tu m’avais dit ce matin là « la Vie m’a pris assez comme ça, la Mort lui a chuchoté à son oreille, c’est à son tour de me prendre ». Alors voilà comment nous nous sommes retrouvés dans l’eau, voilà comment il a laissé sa bonbonne d'oxygène sur le sable, voilà comment il a disparu au milieux de nos rires, de la pluie, à contre sens de la mort, dans le sens de la mer. Je ne lui en veux pas. Je l’aime assez pour ça.
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