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Lempereur, sa femme, etc.

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Kitty Loney

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Lundi matin, Lempereur, sa femme et le petit Prince sont venus chez moi pour me serrer la pince, comme on dit. Comme j’étais parti, Prince a dit :
- Puisque c’est ainsi, nous reviendrons mardi.
- Bon. Comme vous voudrez... a répondu M’man.

*

Ils étaient déjà passés la veille mais on n’avait pas ouvert. « Joyeuses Pâques ! » qu’ils avaient claironné derrière la porte.
- Z’ont des œufs en chocolat, a commenté M’man qui lorgnait derrière les rideaux.
- Ouvre pas. C’est dimanche, nom de dieu !
Donc, on avait fait mine de pas être là ou de dormir ou d’être devenus sourds.
Chez nous, le dimanche, c’est famille-famille. Papa boit. Maman trinque. Et on me sort de mon placard pour être de la fête.

*

Mardi matin, Lempereur - qui était reparti au travail – a envoyé sa femme et son fils Prince qui voulait jouer avec moi vu que c’est les vacances.
- L’est au square, a dit M’man.
- Ah bon. Viens, Prince : on va essayer de le chercher là-bas.
- Bon. Si vous voulez... Si vous le trouvez... a répondu M’man.
Moi, dans mon placard, j’ai pouffé. Peuvent toujours chercher ! Ah ah !
Puis, comme M’man avait oublié mon petit déjeuner, j’ai grignoté des bouts de l’escalope qu’elle m’avait scotché sur l’œil hier soir pour soigner le beurre noir. Cela me vaudra sûrement une autre correction. Mais bon. On est comme on est et moi pas discipliné pour un sou, on me l’a assez dit et répété, pourtant ! Tant pis. Pour une fois que j’ai de la viande, j’en profite !

*

Mercredi matin (pourquoi toujours le matin ? sont réglés comme des horloges, ces voisins !). Mercredi matin donc. Idem. Madame Lempereur – « Mon mari vous salue bien ! » - et Prince.
Maman : «  L’est chez sa tante. »
Mme Lempereur : « Il n’est pas souvent là, dites donc, votre petit ! »
Maman : « ... »
Mme Lempereur : « Bon. Puisque c’est ainsi, nous reviendrons jeudi. Allez, viens, mon petit Prince, on s’en va. »

*

Et donc, jeudi, comme vous pouvez l’imaginer : rebelote. Mais, cette fois, juste la femme Lempereur, sans son fils, Prince.
- Heuh... dites donc, Voisine. Hum, Hum... Comment cela se fait-il qu’on ne voie plus jamais votre petit gars ? Hein ?
- L’est en vacances, a grogné M’man.
Moi, pour rigoler, j’ai fait tomber la torche de l’étagère dans mon placard.
- Mais qu’est-ce que c’est que ça ? a crié Madame Lempereur.
- Oh, c’est rien, a répondu M’man. Sûrement une souris. Saloperie de bestiole ! Va passer un sale quart d’heure, celle-là !

*

Vendredi matin, Lempereur, sa femme, pas le petit Prince mais l’assistante sociale sont venus chez moi.
Tout ce monde-là voulait me serrer la pince, à ce que j’ai cru comprendre mais j’entendais mal avec le pansement sur mon oreille. Comme j’étais parti (chez tante Josie, hi hi hi ! Elle aime bien faire des blagues, ma maman), l’assistante sociale a dit :
- Va falloir que je vérifie.
- Bon. Comme vous voulez, a marmonné M’man.
- Mais, soyez-en sûre, chère Madame, je reviendrai samedi.

*

Samedi matin. Quel tintouin !
On s’est tous levés tôt parce que ça cognait fort à la porte : les Lempereur, l’assistante sociale et les gendarmes.
Et tout ce monde-là venait pour me voir, moi !
Ils ont frappé sur les cloisons et trouvé la porte du placard. Quand ils ont toqué à la porte, j’ai crié « Entrez ! », tout content d’avoir de la visite.

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