L'effraction

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Auteur de projets en Cinéma, Théâtre et Musique  [+]

Il fait jour dans le studio. Quelques habits traînent par terre. Dans le lit, un jeune homme dort. La place à côté de lui est défaite. On entend la douche couler. La douche s’arrête. Alice fait son apparition dans la pièce en peignoir. Elle regarde en direction du lit. Le jeune homme dort toujours. Elle enfile ses vêtement, puis écrit un mot sur le bureau. Elle y dépose par dessus une paire de clefs : “Je te laisse les clefs, tu me les rendra au cours de 11h”. Elle s’en va en claquant la porte.

Des étudiants viennent s’asseoir progressivement dans la salle de classe. Alice est déjà assise. Les élèves discutent entre eux. Un professeur intervient.
- S’il vous plaît ! Le cours va commencer.
Il s’adresse à un élève en particulier.
- S’il vous plaît. Merci.
Le cours commence. Alice est seule à sa table. La place à côté d’elle est vide. Elle regarde son portable puis le repose. Elle regarde dans le vide par la fenêtre. Soudain, la poignée de la salle s’ouvre. Alice se retourne.
Un étudiant entre. Il vient s’asseoir parmi un autre groupe de camarades.

Alice marche d’un pas vif dans la rue. Elle prend son portable et le colle contre sa joue. On entend le répondeur.

Alice remonte les marches d’un escalier et ouvre la porte d’un étage.
Elle s’engouffre dans un couloir. Soudain, elle ralenti. Une porte est restée entrouverte. En arrivant à sa hauteur, elle pousse la porte du bout du bras. Elle reste sur le palier de l’entrée, bouche bée.

Alice est assise dans le canapé du salon. Une femme lui parle depuis le bar de la cuisine.
- Vide tu dis ?
- Oui, complètement vide.
- Quand je te dis qu’il faut que tu fasse attention.. tu planes Alice !
La lumière de la télévision en face d’Alice fait clignoter son visage.
- Comment peut-on être aussi stupide. Tu le connaissais depuis longtemps ce garçon ?
- Mais oui, Maman !
- Apparemment, non. Tu aurais dû te méfier.
Alice ne dit rien. Elle a les yeux dans le vague.
- C’est qui maintenant qui va rembourser toutes tes conneries ?
Une voix un peu plus éloignée dans la pièce survient. Assis dans un fauteuil, on ne voit que les pieds de l’individu.
- Mais laisse là tranquille. Tu vois bien qu’elle n’y peut rien.
- Qu’elle y peut rien ?! Non mais je rêve ! Tu imagines l'irresponsabilité dont elle...
Alice se lève brusquement du canapé.
- Bon Maman j’en...
Alice ne finit pas sa phrase. En se retournant en direction de sa mère, elle découvre la cuisine vide. Le fauteuil du salon l’est également.
- Maman ?
Alice est seule dans la salle. Elle marche d’un pas lent en direction du bar. En contournant lentement celui-ci, son regard remonte peu à peu le parquet de la cuisine. Rien. Il n’y a rien, mais au bout du parquet, sur le mur en face d’elle se trouve une porte. Alice s’avance lentement vers elle. La lumière, provenant d’un néon au-dessus de
la porte, clignote. Lentement, elle s’en approche. Elle pose sa main sur la poignée. La lumière de la salle s'éteint alors. Elle ouvre la porte laissant entrer une puissante lumière blanche.

Alice entre dans un couloir aux murs et aux portes blanches.
Des individus en blouses blanches traversent le couloir. Alice avance lentement. Deux personne âgés sont assissent sur un banc à discuter. Soudain, une voix survient derrière elle.
- Madame Martin ! Ça fait des heures que je vous cherche. Qu’est-ce que vous faîtes là, il faut revenir dans votre chambre.
Alice se retourne. Un jeune infirmier lui parle.
- Allez, on y va maintenant.
- Etienne ?
L’infirmier la prend par le bras.
- Allez Madame Martin.
Alice se laisse faire. Elle quitte le couloir, accompagnée par l'infirmier.

La porte de la chambre s’ouvre. Alice et l’infirmier se tienne sur le palier de l’entrée. Alice fixe l’intérieur de la salle. Elle a l’air surprise. L’infirmier la regarde.
- Vous avez besoin d’aide pour vous couchez ? Dites-moi.
Alice ne répond rien. Elle se tourne vers lui. A deux mains elle lui attrape la nuque et l’embrasse de toute ses forces.

Le studio est plongé dans la pénombre. Leur deux corps forment ainsi deux silhouettes, deux ombres chinoises sur le fond de lumière de l’entrée. Toujours en s’embrassant, ils entrent à petits pas l’un contre l’autre à l’intérieur du studio.

Il fait jour dans le studio. Quelques habits traînent par terre. Dans le lit, Un jeune homme dort. La place à côté de lui est défaite.

On entend la douche couler.
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