L'écrivain créateur

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Aventurière des temps modernes, professeur de Mathématiques, mère de douze enfants, je les ai scolarisés à domicile jusqu'en terminale. Ils se sont éparpillés, certains sont mariés, et ont  [+]

L’enfant voulait conduire un char : Un char romain tiré par quatre beaux che-vaux, blancs et fougueux, aux oreilles mobiles, dont les longs crins ondoie-raient avec grâce en volant.
-Mon père, offre-moi, s’il te plaît, quatre chevaux puissants, aux crins sem-blables à des algues marines
-Ma mère offre-moi, s’il te plaît, un char léger, mais décoré de frises grecques élégantes
-Mon oncle, je voudrais pour mon anniversaire un hippodrome, grand comme le Circus Maximus que je pus voir à Rome.
-Demande à ta marraine, répondit Papa, elle est fort généreuse.
-Ta fée marraine saura te satisfaire, lui dit Maman
-Que feras-tu d’un hippodrome ? Questionna le Tonton
L’enfant alla voir sa marraine : Ils disent tous que toi, tu peux m’offrir ce que je veux.
-Quels farceurs ! Ne savez-vous pas eux et toi, que de toi, je suis le bon gardien ? Et tu voudrais sans doute, confier ta vie à quatre bêtes folles. Sache que tous t’ont envoyé à moi, je le crois, pour que je te dise : NON. Mais si tu veux, voici un chat à quatre pattes. Quand il regardera les hautes flammes claires d’un feu dans l’âtre du salon, ses longues moustaches parfois onduleront.
Tout le jour, ce petit chat chassa les rats. Il les mangeait goulûment. Jamais il n’allait près du feu, il recherchait la fraîcheur. Le soir, il s’asseyait sur le réfrigérateur.
-Il vieillira, dit Maman, et tu verras ses moustaches danser dans l’air chaud qui s’élève.
-Regarde donc sa queue, souple et soyeuse, conseilla Papa
-Si tu n’aimes pas ton chat, donne-le-moi, proposa Tonton
-Votre enfant est fort dégourdi, dit le voisin, un curieux paresseux, qui faisait souvent semblant de lire dans son jardinet, pour mieux espionner M D’Espinasse et sa famille. Il sera cascadeur, et conduira un quadrige.
Maman s’inquiéta : Comment, dégourdi ?
-Jamais je n’avais vu un enfant grimper tout en haut des grands marronniers, assurément il est fort agile !
Depuis le lendemain, L’enfant vit dans la ville, chez ses bons grands parents, ils ont trouvé une bonne école, et quand ses parents auront vendu la maison, ils le rejoindront.
Mais dans le parc, Il a vu de grands arbres. La marraine le sait-elle?
N’ayez crainte : La grand-mère surveille.
Mon enfant, tu devrais écrire un court roman, avec une course, et des gens qui jouent et dorment dans les arbres.
L’enfant a essayé, il est doué, et heureux que tous lisent les souffle coupé ses aventures imaginaires.
- Le monde fictif est plus vaste que la réalité, que le cirque Maximus est donc petit ! remarque-t-il.
-Le découvres-tu seulement maintenant ? Pourtant, depuis ta tendre enfance, tu sembles le savoir.
-Sans l’écriture, le monde trop flou de mes songes fuyait, je le précise et l’enferme dans mon texte, et ainsi il devient réalité.
Fin Mars, Il inventa une petite sœur, parfaite en tous points, et qui lui ressemblait, et, étrange miracle, quand Maman vint le chercher, deux jours avant Noël, elle tenait la fillette dans ses bras.
Il la reconnut tout de suite : c’est ma sœur, je puis donc créer en écrivant des poèmes, je ne le croyais pas ; c’est merveilleux !
Il a grandi, il est écrivain, l’expérience et le savoir lui répètent que son pouvoir est moindre qu’il ne le croit, mais pour lui, l’imaginaire est plus vrai, plus sérieux que ce que les hommes appellent la réalité. Et il les défie :
-Prouvez-le contraire !
-Alors, dit son père, crée donc un deuxième nouveau-né.
-La première fois, personne n’avait cru au miracle, pas même lui, mais cette fois-ci, sa sœur accoucha à domicile d’un enfant, un garçon un peu mince, mais vigoureux. Le père le lava, l’habilla, le donna un moment à sa mère tout émue. Puis il le posa dans son berceau.
-Marie, appela-t-il, il est né, viens voir ton petit frère. Elle entra, toute propre, un peu intimidée, et se pencha au-dessus du berceau.
-Quelle surprise, Papa, j’en vois deux ! Comme ils sont beaux !
Oui, deux jumeaux identiques dormaient l’un près de l’autre.
-Je ne comprends pas, nous étions trois : Maman, Grand-mère et moi, dit le papa, et nous savons compter jusqu’à un, tout de même.
- S’ils sont deux, c’est grâce à mon petit-fils, expliqua la grand-mère, ses rêves peuvent donner la vie.
« Des jumeaux, quelle chance ! » se réjouirent les parents, Marie et l’arrière-grand-mère. Ils choisirent un second prénom et décidèrent, par prudence, de ne parler à personne de leur erreur de calcul.
Ils tinrent parole, c’est une souris qui me raconta l’événement, et même les jumeaux ignorent que l’un d’entre eux doit la vie à son oncle maternel. D’ailleurs, le croiraient-ils ?
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