Le vieillard d'à côté

il y a
1 min
5
lectures
1

"Ecrire serait si triste si l'on ne déviait jamais de son plan" Giorgio Agamben "L'écriture est la peinture de la voix" Voltaire  [+]

À côté de chez moi vivait un vieux couple de retraités qui s'entendait à merveille. Ils avaient beaucoup de points en commun mais par dessus tout, ils partageaient une et unique passion plus que tout autre ; leur jardin. Ils pouvaient passer des journées entières dans leur grand et beau jardin fleuri au gazon bien entretenu et aux légumes divers et variés, il était tel que j'aurai pu me lancer dans un livre pour le décrire entièrement. Ils avaient la main verte tous les deux, ils pouvaient faire pousser n'importe quelle plante n'importe où et n'importe quand sur leur sol à la terre qui rendrait jaloux tout bon jardinier qui se respecte. De ma petite maison, je recevait par jour où le vent était dirigé vers l'ouest des effluves d'odeurs de fruits frais mélangés à des fleurs colorés aux pétales épanouis de leur Versailles à eux.
Ce joli couple avait aussi une extrême bonté qui surpasse tout autre et ne se brouillaient jamais avec quiconque vienne les déranger pour leur jardin qui prenait de la place.

Malheureusement, par une douce soirée d'automne, ce qui devait arriver arriva, la femme du vieux monsieur nous quitta d'un arrêt cardiaque, effondré, le vieillard décida de ne plus s'occuper de son magnifique jardin, il n'en n'avait plus le courage sans sa "colombe" -comme il la surnommait- et il le laissa dépérir. Le potager d'autrefois devins un champs de broussailles, leurs quelques arbres fruitiers pendaient tristement par dessus la clôture quant à la pelouse, les mauvaises herbes la colonisèrent en moins de quatre jours comme les espagnols débarquant en Amérique. Son espace vert ne devins que terre battue et chardons à tout va comme si une guerre s'était passée dans son éden qui fut fleuri.

Très triste, le vieil homme avait tout abandonné sauf une petite plante qu'il préservait en souvenir de sa femme disparue, un magnifique adenium qu'il gardait précieusement en sa mémoire, il en prenait très grand soin tous les jours comme si l'âme de sa femme c'était réincarnée dans cette plante.

L'été venu, la plus belle fleur que je n'avais jamais vu apparu sur une fine tige de la plante du vieil homme, une seule et unique grosse fleur bien rose éclatant à la lumière du soleil. Pour la première fois en un an, je vis alors les yeux du vieillard s'allumer d'une joie nouvelle, c'était la première fois que je la voyait, la joie des retrouvailles et les coins de sa bouche se relevèrent légèrement car il le savait, il savait que lorsque cette joli fleur rose fanerait il la reverrait, il irait la rejoindre la haut et reverra sa bien aimée, ils seront enfin réuni pour l'éternité.
1
1

Un petit mot pour l'auteur ? 1 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,
Image de Dranem
Dranem · il y a
Un texte plein de douceur !

Vous aimerez aussi !

Très très courts

La pelle

Legib

L’envie me prend ce dix-huit juin de planter un arbre dans mon jardin. Plus facile à dire qu’à faire, surtout quand on n’a pas l’outil indispensable pour creuser un trou : une pelle... [+]