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L'esprit et le piège du vide

Celui qui vous attire, lorsqu'audacieux vous vous approchez doucement du précipice. Que se passerait-il si je me penchais un peu trop, si je mettais juste un pied dans ce vide. Si tout à coup, mon corps entier était happé par le vide. La chute vaudrait-elle le sacrifice ? L'adrénaline, si pure, parcourant tout mon corps avant qu'il ne s'écrase sur la réalité du sol.

J'ai toujours aimé le vide. J'ai toujours été attiré par le vide. Je me penchais sur lui, comme on se penche pour voler un baiser. Celui qui se jette dans le vide ne cherche-t-il pas à voler ? Ne cherche-t'il pas la liberté ? Peut-être le miracle des ailes déployées se produira-t-il ? Ou est-ce simplment du suicide ?

Sauter d'une falaise par amour du vide, par pur amour de l'adrénaline avec pour seul parachute un espoir infini et le poids de son propre corps. Certains ne sont pas fait pour la terre ferme, pour la réalité, pour raisonner. Leur esprit vole en quète de liberté. Sentir, ressentir, dans un cercle infni. Les yeux fermés, le coeur pur, le corps lèger, l'angoisse au creux du ventre, toujours. Ils n'ont pas peur de la mort. Ils ont peur de la vie. Ils cherchent un sens.

C'est l'hémisphère droit, il prend trop de place. Il ne sait pas combler le vide, il l'admire, il cherche à le remplir de sens, d'émotions, de magie. Il tente l'impossible, saisir le vide, fusionner avec lui. Zéro plus zéro égal zéro. L'hémisphère droit ne veut pas entendre, il se soumet au coeur. Il admire, contemple, embrasse le vide.

La descente, l'instant présent à son apogée. Le sol. Le corps écrasé. La fusion totale et irrévocable. La chute en valait-elle la peine ? A-t-elle comblé l'amoureux du vide ? Le vide reste vide, le sol reste sol. Il n'y a que ce corps, dont l'esprit a fui pendant la chute.

Qui de l'hémisphère droit, du coeur ou de l'esprit est-il responsable de ce suicide du corps ? L'amour du vide a torturé l'esprit jusqu'à l'abandon du coeur. L'hémisphère droit a choisi. Il a poussé le corps et offert à l'esprit le grand saut avant le repos. C'est l'amour du vide qui a provoqué l'hémisphère droit, il a cherché à rétablir la consonance cognitive, il n'avait d'autre choix que de sacrifier le corps.

Alors, c'est le coeur...il voulait le vide, il l'a eut. C'est l'hémisphère droit qui lui a donné. Par amour. Il a sacrifié le corps par amour pour le coeur, pendant que le coeur continuait de contempler le vide.
Seul l'esprit s'en est tiré, il s'est envolé, s'est libéré. Il a quitté le vide, le coeur, le corps. Il ne s'est jamais retourné, c'est lui qui avait tout manigancé...

L'esprit est le piège du vide.
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