J’écris sur ce qui m’entoure, que cela soit rose ou noi  [+]

Il tente de se regarder dans la glace. Celle qui se recouvre de buée et que l'on tente d'éclaircir avec nos doigts. Ici, il n'est pas question de s'admirer mais selon lui, de menacer. Il se concentre et commence alors à écrire une phrase. Il la lit à haute voix mais se rend compte que le résultat est loin d’être terrifiant. Il la relit avec une voix plus grave mais, la conclusion ne change pas. Il faut qu'il devienne plus inquiétant, que la victime n’ait pas le temps d’avertir. Il se félicite néanmoins de sa discrétion tout en revenant sur son phrasé. Le problème, c'est qu'il ne sait pas comment opérer. Il pense alors à ce qui lui fait peur et se demande si sa crainte peut être universelle. Après quelques minutes de réflexion, il se demande surtout s’il a envie de menacer les gens. Il aurait pu le faire pendant la guerre mais son visage tombant lui confirme que l'instant est passé. Il commence à réellement perdre confiance. La phrase déposée sur le miroir commence à s'effacer. Elle était lucide et tendre, elle lui ressemblait. Il dépose alors ses mains sur l'évier et se concentre, pour cette fois-ci, ne pas craquer. Il se dit qu'il doit retrouver ses esprits, que ce n'est plus le moment de flancher. Il relève la tête mais ne trouve plus son visage. Il se frotte les yeux pensant qu'il est en train d'halluciner mais, toujours pas de reflet. Il comprend alors qu'il n'a plus le choix, il va devoir s'allonger dans la boue une dernière fois. Revivre l'attente, la faim et l'attaque afin de construire une phrase digne du genre. Une de celle que vous n'avez pas besoin de comprendre pour vivre vos derniers instants, une de celle qui vous fait revivre votre enfance, une de celle dont le bon dieu se moque.
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