Le trou

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Je vis dans la région toulousaine, au pied des Pyrénées. Je suis père de famille et mes enfants sont grands, je m'achemine vers la retraite. J'aime écrire bien sur, jouer de la musique, et faire  [+]

Il est tellement souvent question de trou dans les discours textuels ou oraux tenus par et autour de la psychanalyse qu'il me prend ici de vouloir l'ériger en concept. C'est ma façon à moi d’honorer le trou pour ce qu'il semble tout de même jouer un rôle central dans la vie humaine, sa reproduction et dans la vie tout court.

Ma mère avait une sorte de comptine ou de jeu qu'elle terminait avec un : "trou là là itou" ! Oui, le trou est partout, là, là aussi !

Souvent cependant, ce qui est dit ou écrit par des psys autour du trou me fait l'effet d'une sorte de placebo sur de l'insaisissable. De quoi s'agit-il au juste en ces temps où l'obscurantisme tend à notre ensevelissement loin de tout trou ? Je résisterais, au moins de mon vivant, contre ma crémation, je veux aller dans le trou et que la vermine grouillante pénètre mes pores, mes trous de nez et mon trou du cul pour me dissoudre. Je veux nourrir le cyclone.

Dans mon esprit encore vivant je vois l’œil du cyclone en guise de trou. C'est-à-dire que je vois, d'au-dessus, un entonnoir de vents fous et de nuées folles, dont l'extrémité est un trou ou alors troue la surface. C'est bien un tube vu en perspective depuis une extrémité. Il y a du voisinage entre tube et trou je pense. On sent déjà de la matière sexuelle s'immiscer depuis mon imaginaire viril. Mais attention, les hygiénistes de la pensée veillent !

Dans le tube du cyclone il y a du vent, du mouvement tout autour mais au centre, dans une zone plus ou moins étendue c'est le calme plat. Ce qui est à l'origine du vent n'est pas à l'intérieur mais à l'extérieur, des échanges de flux de températures différentes. Ce autour de quoi ça tourne n'est pour rien dans la giration. Ça tourne bien autour de quelque chose mais ce quelque chose n'est rien !

L'invraisemblable toque à la porte de mon comprenoir qui, tel l'entonnoir, permet de passer du gros débit à un débit plus acceptable. C'est que ça dépote là dedans que je ne m'autorise pas à laisser se vomir comme un dégueulasse devant vos yeux. Qu'il n'y ait rien au milieu du trou n'est pas tant que ça pour m'étonner, le rien mobilise des énergies considérables ne serait-ce que parce que l'homme, avec ou sans couilles, éprouve un désir inextinguible de combler le rien par du quelque chose.

Les moines tibétains l'ont bien saisi qui pratiquent une sorte d'intime persuasion du non-mouvement. Le rien disparaîtrait avec la disparition du mouvement, le rien disparaîtrait avec l'abolition des différences, de température mais pas que... le rien !

Ça file le tournis !
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