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"Le Train ' Tamarre"

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FredBreizh56

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Ce matin, comme chaque jour de la semaine, je pris mon vélo pour me rendre de Chatou là où j’ai mon appartement à la gare du Vésinet, à 4 Kms de chez moi ; de là je pris le RER A pour Maisons-Laffitte proche de mon lieu de travail. En montant dans le train, mon humeur fut guillerette, content de retrouver mes amis les chevaux étant palefrenier soigneur depuis 15 ans dans un centre équestre privé ; ma passion depuis l’âge de 9 ans, le pourquoi de ma joie de vivre démonstrative. L’ambiance dans la rame fut morose, monotone, hélas habituelle, je m’installai et repris la lecture de mon roman policier palpitant !! Soudain, un cri strident venant de la rame se situant juste derrière moi, en regardant à travers la porte centrale, je fus choqué de voir un homme une arme à la main, hurler, tirer au hasard sur les voyageurs se trouvant autour de lui. En quelques secondes les hurlements de peur des personnes se mêlèrent aux suppliques des femmes, des hommes, blessés par ce tireur fou ; je pris la décision de m’échapper au plus vite, le plus loin possible vers l’avant du train, juste avant d’instinct je tirai sur la « poignée d’alarme » pour faire arrêter le train au plus vite. En remontant siège après siège, j’entraînai avec moi dans cette fuite vers la survie, les autres usagers dont quelques uns restèrent figés, tétanisés à leurs places ; le temps me parut interminable. Après la 2 ème rame, je pris mon portable pour appeler la police, mes mains tremblèrent fortement j’arrivai à peine à tenir fermement mon portable ; le policier au standard à l’intonation de ma voix et au vacarme qu’il y eut derrière moi, pris au sérieux mon appel, ses consignes furent très claires, « continuer à avancer le plus loin possible, quand le train s’arrêtera, ouvrir les portes, sauter sur le remblai et courir ensemble sans se retourner ».
Quel « Train ‘ Tamarre ».
J’eus très peur, mon cœur palpita tellement vite que ses battements résonnèrent follement dans ma tête, je pris un enfant de 5 à 7 ans par la main, je me remis dans cette course effrénée vers la vie, du moins je l’espérai  ; malgré mon importante angoisse j’essayai de ne pas la montrer pour éviter que quiconque fasse une crise de nerfs incontrôlable ou bien qu’une personne ne s’arrêta et se laissa choir en ne voulant plus avancer car terrorisé et angoissé par la peur de mourir. Nous traversâmes une grande partie de ce train maudit, je stoppai net car enfin celui-ci s’arrêta, nous pensâmes tous à ce moment précis que ce fut la fin de notre calvaire, un homme ouvrit la porte avec grande difficulté, de suite les premiers d’entre nous commençâmes à sauter du train ; 2 puis 5 puis une dizaine de personnes furent presque sauvés quand, une rafale de mitraillette vint faucher plusieurs femmes, hommes, de nouveaux hurlements résonnèrent dans ce wagon, l’horreur absolue. En regardant à ma droite je vis le tueur sans pitié à l’autre bout de la rame, heureusement à cet instant, son arme s’enraya et comme sa rage eut décuplée, il n’arriva plus à trouver ses chargeurs pleins ; je hurlai de toutes mes forces, « sautez vite, courrez, partez le plus loin possible ».
Au bout d’un moment, l’assassin arriva au milieu du wagon, il n’arriva toujours pas à retrouver ses esprits macabres, il jeta son arme principale et il se saisit de son poignard, heureusement il trébucha sur son fusil, le couteau aux dents acérées chuta sur le sol à plusieurs mètres de lui, grâce à ces minutes précieuses, la plupart des personnes furent heureusement sauvés, du moins je l’espérai vraiment ; après ce petit moment de répit l’homme se releva, se redirigea vers nous les 3 à 4 derniers « rescapés ». De la peur terrifiante ancrée en moi je passai à de l’effroi, cela me glaça le sang et là impossible de ne rien montrer, d’essayer de garder mon sang froid ; l’homme sanguinaire fut un jeune homme d’à peine 20 ans blond aux yeux vert, il aurait pu être mon petit frère, mon cousin ou un ami, tout cela me traversa l’esprit, en une fraction de secondes, en un éclair je revis ma vie défiler devant mes yeux. En revenant à la réalité, je fus seul en face à face avec cet homme que je trouvai ordinaire s’il n’eut pas commis cet acte odieusement effroyable ; avant qu’il me planta et me tua, je regardai ce tueur sans âme fixement et lui lança dans un cri de rage et de désespoir, d’une voix tremblotante « Pourquoi ».
N’attendant aucune réponse de sa part, je fermai les yeux pour attendre cette mort qui fut certaine, je repensai à ma compagne que j’aimai tellement depuis 13 ans, enceinte de 8 mois d’une petite fille à qui je ne pourrai jamais dire « Je t’aime », ainsi qu’à ma maman et mes 3 frères, mon amour pour eux fut sans failles ; mes quelques vrais amis et nos soirées mémorables faites de rigolades vont aussi me beaucoup manquer. Soudain il me répondit : « Vous voulez savoir pourquoi j’ai commis ce massacre d’innocentes victimes, ce n’est ni par un quelconque endoctrinement religieux, je ne suis pas sectaire ; en fait ma vie n’ayant été qu’un enfer ce depuis la première seconde de ma vie jusque là y a 1 heure environ, je voulais savoir si mon cœur pouvait encore ressentir de l’émotion pour autrui, je n’ai pas pu m’empêcher de commencer à tirer, après avoir tué la première personne j’ai compris que j’avais basculé dans le côté obscur de l’homme que j’ai été longtemps.. ».
Cet individu qui tua 17 femmes, 8 hommes, leurs âmes reposèrent en paix, lovées parmi les étoiles ; après quelques secondes d’un silence pesant, il me demanda en brandissant son poignard de sauter du train, je le fis sans me poser de questions ; hors de celui-ci je me mis à courir très vite, quand j’entendis le claquement d’un coup de feu, sans me retourner j’entendis le bruit d’un corps tombant du train sur le remblai.
15 ans plus tard, mon âme est morte, pour moi l’homme n’est pas un loup pour l’homme mais l’homme est un homme pour l’homme ; le loup ne tu que pour nourrir sa meute...
Peace and Love.

PRIX

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Miraje · il y a
Désolé mais j'ai raté le quai ... Un vote symbolique néanmoins.
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Claudine · il y a
Surprise aussi par le début du texte, un matin comme les autres...mais hélas...Récit réussi qui surprend par son intensité dramatique relatant le danger dans toute sa réalité, et la chute qui pose une réflexion philosophique sur l'Humain.
Après cette lecture, une chanson d'Yves Duteil "prendre un enfant par la main"...

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FredBreizh56 · il y a
Merci beaucoup Claudine pour votre commentaire.. Je valide que suite à la lecture de mon histoire "Très Trash", le fait d'aller écouter la Sublimissime chanson d'Yves Duteil "prendre un enfant par la main"...
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Denys de Jovilliers · il y a
Quelle course dans ce train de l'horreur ... On se demande jusqu'où va aller le tueur ! Je vote pour ce suspens.
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FredBreizh56 · il y a
Merci Denys, pour votre message et votre vote...
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Geny Montel · il y a
Parfois le cerveau humain se met à débloquer complètement... Il ne fait pas bon se trouver au mauvais endroit en de telles circonstances...
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FredBreizh56 · il y a
Merci Geny pour votre commentaire...
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Fred Panassac · il y a
Un texte anxiogène donc réussi mais que j'ai eu du mal à lire jusqu'au bout. Je salue la force du récit, haletant, j'ai lu avec horreur mais j'ai lu entraînée par le style (malgré il faut bien le dire de petites coquilles) Mes voix d'encouragement ne serait-ce que pour la phrase de chute qui vient donner une autre perspective à tout ce qui précède...
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FredBreizh56 · il y a
Merci Fred Panassac je prends vos encouragements avec grands plaisirs..
Quid c'est quoi une coquille ?? D'ailleurs en relisant mon texte je viens de remarquer une faute d'orthographe d'inattention dans la dernière phrase...

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Fred Panassac · il y a
Fred je cherchais une bonne définition de la coquille en imprimerie et l’origine du mot est controversée. En langage courant une coquille est une erreur ou faute de frappe faite en tapant un texte dactylographié. Voici l’étymologie complète du mot où tu trouveras une interprétation coquine :
https://www.projet-voltaire.fr/origines/expression-faire-une-coquille/

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FredBreizh56 · il y a
Merci Fred Panassac pour votre éclairage...
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Caruso · il y a
Mon soutien à votre texte.
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FredBreizh56 · il y a
Merci beaucoup Caruso...
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Vol-au-vent · il y a
Voilà un mobile inattendu, un récit très fort. Bravo
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FredBreizh56 · il y a
Merci beaucoup vol-au-vent pour votre commentaire qui me touche vraiment...
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Francine Lambert · il y a
Eh bien Fred, je crains fort après cette lecture de ne plus avoir envie de prendre le RER ! C'est angoissant et glaçant à souhait, un vrai " Train Tamarre", en effet ! A bientôt !
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FredBreizh56 · il y a
Merci beaucoup Francine pour votre commentaire que je reçois avec grand plaisir...
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San-Pat · il y a
Un texte bien construit + 5
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FredBreizh56 · il y a
Merci beaucoup San-Pat pour votre commentaire et vos votes...
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Yann Suerte · il y a
Une triste réalité...Dure..Merci de ce partage...Et si vos heures vous y emportent, n’hésitez pas à vous arrêter un instant à ma Place du Tertre. Amicalement, Yann
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FredBreizh56 · il y a
Merci Yann Suarte pour votre commentaire.. Je suis allé lire votre Place du Tertre...
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